*92 À B H i G È n r A S T R O N O M I E , LIT. VII.
Ces idées de nutation dévoient se présenter naturellement &tous ceux qui avoient apperçu dans les étoiles des changemensde déclinaisons; et nous avons vu que les premiers soupçons deUradley, en 1727, furent qu’il y avoit quelque nutation del’axe de la terre qui faisoit paroître l’étoile y du dragon plus oumoins près du pôle (778) ; mais la suite des observations l’obli-gea de chercher une autre cause pour les variations annuelles;ce ne fut qu'au bout de quelques années qu’il reconnut le se-cond mouvement dont il s’agit ici.
7< j 6. Pour bien expliquer la découverte de la nutation, ilfaut remonter au tems où Bradley observoit les étoiles pour dé-couvrir l’aberration: il vit, en 1728, que le changement annuelde déclinaison dans les étoiles voisines du colure des équinoxesétoit de 2" plus grand qu’il 11e devoit résulter de la précessiondes équinoxes, supposée de 5 o " et calculée à.la maniéré or-dinaire, sans que cette différence pût être attribuée à l’in-strument, pareeque les étoiles voisines du colure des solsticesdonnoient une différence contraire. « Mais, ajoute Bradley,« soit que ces petites vacations viennent d’une cause régulière,ce ou qu’elles soient occasionnées par quelque changement danscc le secteur , je ne suis pas encore en état de les déterminer ».11 n’en fut que plus ardent à continuer ses observations pourdéterminer la période et la loi de ces variations; il demeurapresque toujours à Wansted , jusqu’en 1782 qu’il fut fait profes-seur a Oxford après la mort de Halley ; et il continua d’observeravec la même exactitude toutes les circonstances des change-mens de déclinaison sur un grand nombre d'étoiles. Chaqueannée il voyoit les périodes de l'aberration se rétablir suivant lesréglés que l’on a vues ci-dessus ; mais d’une année à l’autre il y«voit d’autres différences : les étoiles situées entre l’équinoxedu printems et le solstice d’hiver se trouvoient être plus près dupôle boréal, et les étoiles opposées s’en étoient éloignées : ilcommença de soupçonner que l'action de la lune sur l’équa-teur, c’est-à-dire sur la partie la plus relevée de la terre, pou-voit causer une variation ou un balancement dans l’axe de laterre: son secteur étant demeuré fixe, il continua d'y venirobserver souvent. En 1786, et à la fin d une demi-révolution desnœuds de la lune, il avoit déjà reconnu la nutation; et, eu1747, il a publié en détail les circonstances et la cause de cephénomène. Nous allons rendre compte de cette nouvelle dé-couverte d’après Bradley lui-même. ( Philos. Transactions ,.1748).