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Abrégé D'Astronomie / Par Jérôme Lalande, ...
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3 Go abrégé d’astronomie, UT. XI.

De la Pluralité des Mondes.

078. La ressemblance que l'on a vue entre les planètes et laterre clans le cours de ce livre a fait croire aux plus grandsphilosophes que les planètes étoient destinées à recevoir desêtres vivans comme nous, et qu elles étoient habitées. La plu-ralité des inondes se trouvoit déjà dans les Orphiques, ces an-ciennes poésies grecques attribuées à Orphée ( Plut. de T'iac.phil. , 1 . 2, c. i 5 ); les pythagoriciens, tels que Philolaiis ,Nicetas, Héraclides, enseignoient que les astres étoient autantde mondes (J'lut. L. a, c. i 5 et 3 o, Achilles T a tins, Isag. adArati phœn. , c.io, Diog. Lacrt. in Fmped.) Plusieurs anciens

I thilosophes admettoient même une infinité de mondes hors dea portée de nos yeux; Epicnre, Lucrèce (L 2, v. 1069), tonsles épicuriens, étoient du même sentiment; et Métrodore trou-voit qu’il étoit aussi absurde de 11e mettre qu’un seul mondedans le vide infini, que de dire qu’il ne pouvoit croître qu’unseul épi de blé dans une vaste campagne {Plut., I. 1 , c. 5 ):Zenon d’Elée, Anaximenes, Anaximancire, Leucippe, Déina-crite, le soutenaient de même. Enfin il y avait aussi des philoso-phes qui, en admettant que notre inonde étoit unique , don-noier.t des habitansà la lune: tels étoient Anaxagore ( JMacrob.,Somn. Scip. , l. 1, c. 11J, Xénophanes ( Cic. Ac. /pu., 1 . 4 ), Lu-cien ( Plutarque de Oracul. defectu, de Facie in orbe lunæ ,Duscbe, Prépar. évang., L. xv, c. 5 o, Stobèe, l. 1 ). O11 peutvoir une liste beaucoup plus ample de ces opinions des ancienssur la pluralité des mondes, dans Eabricius (liibliot. Gr., t. r,c. 20), et dans le Mémoire de Bonamy (Acad, des iriser. , t. ix).Ilévélius donne aux habitans de la lune le nom de selcriit/v, et ilexamine tous les phénomènes qui s'observent dans leur planete(Sclenogr., p. 294)» à l’exemple de Kepler {.Jstron. lima ris),Gregory, As trou, elementa.

977. La pluralité des mondes fut ensuite ornée par Fonte-nelie, en 1686, de tout l’esprit qu’on peut mettre dans des con-jectures physiques; Iluygens (mort en i(iqn), dans son livre in-titulé, Cosrnotheoros , publié en 169S, disserta aussi fort au longsur cette matière. En effet la ressemblance est si grande entre laterre et les autres planètes, que si l'on admet que la terre ait étéfaite pour être habitée , on ne peut guere s’empêcher d’admettreque ies planètes le sont également; si nous supposons une con-nexion entre la terre et les hommes dans la nature des êtres, ilest naturel de l’étendre aux planètes,