4
AVANT-PROPOS.
épiscopales, croix latines, autels domestiques ou portatifs, chande-liers, etc., objets rares et curieux découpés dans le cuivre, cou-verts de dessins naïvement gravés, enrichis de pierres fines et d’é-maux translucides ou opaques de diverses et charmantes couleurs.L’Orient a versé ses trésors dans cet autre compartiment. Ces armesniellées, damassées, ces cottes de mailles impénétrables, ces cui-rasses, brassards, cartouchières, selles garnies d’or et de pierresprécieuses, ces filigranes microscopiques, etc., etc., sont d’impéris-sables monuments de l’adresse et du bon goût des Circassiens, desBirmans, des Arabes, des Persans, et de plusieurs autres peuplesde l’Asie et de l’Europe orientale , dont la fabrication n’a paschangé depuis les temps antiques jusqu’à nos jours.
Je ne finirais pas si je voulais seulement mentionner les objetsque renferme cette galerie hors ligne ; mais je m’arrête ici pour nepas déflorer le travail du futur descripteur de toutes ces belleschoses. Je dirai cependant qu’en parcourant l’espace occupé par lesboiseries ouvrées, les retables, les châsses, les prie-dieu, les bahuts,les vitraux peints, les cristaux, les pièces d’orfèvrerie, les ustensilesde ménage du xn e au xvi e siècle, on aime à remeubler par la penséeles églises et les monastères, les châteaux, les palais princiers, etalors on voit circuler dans ces vastes demeures, les abbés mitrés,les évêques, les moines, les nobles et belles châtelaines suivies deleurs pages, suivantes et varlets, les hauts barons s’apprêtant pouraller aux combats, ou, joyeux disciples de saint Hubert, donner desordres aux veneurs pour la chasse.
La pensée va plus loin encore : peut-être la duchesse d’Etampesou Diane de Poitiers s’est assise dans cette chaière au long dossiersculpté, peut-être Catherine de Médicis a caché ses terribles secretsdans cette armoire dont les panneaux noircis par le temps offrent