Buch 
Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
Entstehung
Seite
58
JPEG-Download
 

58

COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE

animaux qu’on donne pour attributs à chacune de ces divinités, roulent surun chemin de fer circulaire, en suivant un mouvement continu.

« Le dimanche l’on voit Apollon ou Phébus, le dieu du jour, sur un charradieux emporté par les chevaux du soleil.

« La chaste Diane, emblème de la lune, fait son apparition le lundi, assisedans un char attelé d’un cerf au pas timide.

« Elle est suivie de Mars, du terrible Dieu de la guerre, dont le char,entraîné par un coursier fringant, est prêt à voler au combat.

« Mercure, le subtil messager des dieux, portant à la fois le caducée et labourse, se fait voir au milieu de la semaine.

«Jupiter, armé de la foudre, quoique le maître des dieux et le souverainde l’Olympe, n’a son tour que le jeudi.

« Le vendredi est consacré à Vénus, la déesse de la beauté; elle se montre,accompagnée de son fils Cupidon , dans un char léger et coquet, traîné parde tendres colombes.

« Enfin le samedi, c’est le tour de Saturne ; ce dieu, armé d’une faux etsur le point de dévorer un enfant, symbolise le temps qui dévore tout etauquel rien ne résiste.

«Aux deux côtés de la saillie consacrée aux divinités de la semaine, sedétachent d’une manière heureuse, et comme correctif religieux, plusieurspeintures de Tobias Stimmer ; elles nous montrent les grandes scènes de lacréation, de la résurrection, du jugement dernier, et du triomphe final de lafoi et de la vertu. L’on admire encore les deux tableaux de la Religion et duPéché, représentés sous les traits de deux jeunes femmes dont la première,à l’air virginal, est tout occupée de son salut, tandis que la seconde, plongéedans le vice, a déjà beaucoup perdu de sa fraîcheur; ces belles peinturesse trouvent accompagnées des différents versets de la Bible qui ont rapportà ces sujets.

« VIII. Nous arrivons maintenant à la galerie aux lions, ainsi nommée,parce que les deux extrémités de cette galerie ou balcon sont gardées pardeux de ces superbes animaux, l’un tenant dans ses griffes l’écusson, et1 autre le cimier des armes de la ville de Strasbourg . Ces lions, sculptés enbois massif, proviennent de l’ancienne horloge, où ils n’ont jamais eu demouvement et où ils n’ont jamais fait entendre le moindre bruit, quoiquecertaines personnes aient pu croire qu’ils rugissaient ; une pareille mélodieaurait été à la fois désagréable et fort inconvenante dans l’intérieur d’une église.