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COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE
« A chaque heure, l’eufant ouvre la marche et annonce le premier quartau moyen d’un thyrse qu’il laisse tomber sur un timbre; il est suivi de l’ado-lescent qui, sous les traits d’un chasseur, frappe avec sa flèche la demi-heure ; vient ensuite l’homme sous la figure d’un guerrier, bardé de fer etarmé d’un glaive, dont il se sert pour faire entendre les trois quarts; enfin,un instant avant que l’heure sonne, on voit arriver le vieillard qui, chaude-ment enveloppé et la tête déjà penchée, s’appuie sur la crosse de sa béquille,avec laquelle il sonne les quatre quarts.
« Chacune de ces figurines, en sortant dë sa loge, fait deux pas pour s’ap-procher d’un timbre suspendu tout auprès; arrivée là, elle y reste le tempsnécessaire pour frapper le nombre de coups voulu, après quoi elle disparaîtpour faire place à l’automate suivant.
« La Mort , armée d’une faux, se tient sur un socle au milieu de la salleréservée aux quatre âges; l’on voit, au passage de chaque heure, cette figurehideuse laisser gravement tomber sur le timbre à sa droite l’os qu’elle porteà la main. Infatigable, elle veille jour et nuit, en sonnant les heures sansrelâche aucun; les quatre âges, au contraire, symboles des mortels, nefonctionnent que pendant la durée du jour.
« XIII. La salle supérieure, plus richement décorée, est occupée par lafigure de Jésus-Christ, qui trône au milieu. Placé sur un piédestal, le Sau-veur du monde tient d’une main la bannière de la rédemption, et étend l’autrepour donner la bénédiction. Chaque jour, à l’instant où la Mort a frappé ledernier coup de midi, l’on voit passer aux pieds du Christ ses disciples, aunombre de douze, savoir : Pierre, Jean, Jacques majeur, André, Barthélemi,Philippe, Simon, Jacques mineur, Matthieu, Thomas, Jude et Mathias.
« Chacun des douze apôtres, portant l’instrument de son martyre oul’attribut qui le fait distinguer, s’avance respectueusement; arrivé devantson divin maître, il se retourne vers lui et incline sa tête en signe de salu-tation; il s’éloigne ensuite, après avoir reçu la bénédiction qui est semblableà celle qu’Abraham a dû donner à Isaac, lorsque ce patriarche est allé dansla terre promise ; ce n’est qu’après le départ du dernier apôtre que le Christ donne la bénédiction en forme de croix.
« Quoique des personnes croient avoir vu les apôtres dans l’anciennehorloge, cette procession biblique n’a cependant jamais existé dans l’œuvrede Dasypodius . Au lieu de cette belle scène, Ton voyait le Christ placé enregard de la Mort, laquelle à chaque heure faisait reculer son divin antagoniste.