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Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
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COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE

Carovagius et plusieurs autres horlogers du xv e siècle en fabriquèrent uncertain nombre à quantième, à sonnerie et à réveille-matin.

Il est difficile de constater l’époque précise de l’invention des montresproprement dites. Pancirole assure que dans son temps, vers le déclin duquinzième siècle, on en faisait qui n’étaient pas plus grosses qu’uneamande; Myrméeide est cité comme un des ouvriers qui s’illustrèrent dansce genre de travail. Carovagius, dit du Verfdier, n’était pas moins habileque Myrméeide; il exécuta, pour André Alciat , un réveil d’une beautéincomparable : ce réveil sonnait l’heure marquée, et du même coup battaitle fusil et allumait une bougie. Nous n’avons pas de raisons pour douterde la véracité de Pancirole et de du Yerfdier, dont les assertions ont étérecueillies dans l’Encyclopédie des sciences; et nous croyons qu’en effetil existait des montres, fort bien travaillées et pourtant très-petites, enFrance, dès la fin du règne de Louis XI .

Ayant étudié, comme nous l’avons fait, l’horlogerie du xvf siècle, et pou-vant apprécier l’habileté des horlogers de cette époque, nous ne regardonspas comme invraisemblable qu’il ait été offert au duc d’Urbin, Guid’ Ubaldodélia Rovere, en 1542, une montre à sonnerie, enchâssée dans une bague.On sait, du reste, qu’en 1575, Parker, archevêque de Cantorbéry, légua àson frère Richard, évêque d’Ély, une canne en bois des Indes, ayant unemontre incrustée dans la pomme. Henri VIII possédait aussi une très-petitemontre, qui marchait huit jours sans être remontée. Nous devons dire que,dans l’origine, la marche de ces petites horloges était fort irrégulière; mais,peu de temps après leur apparition en Europe, un ouvrier, dont le nom n’estpas connu, inventa la fusée. Cette pièce, de la forme d’un cône tronquépar le haut, servit à égaliser la force du ressort; à la base de cette fusée,était fixée une petite corde de boyau qui, se roulant en spirale jus-qu’au sommet, venait s’attacher au barillet, dans lequel était renfermé leressort.

Voici en quoi consiste l’excellence de cette invention. Lorsqu’une montreest remontée jusqu’à son dernier point, le ressort a acquis une force consi-dérable, et il pourrait entraîner le rouage avec une grande rapidité ; mais,à ce moment, la chaîne agissant sur le plus petit rayon de la fusée, c’est-à-dire au haut du cône, la force du moteur se trouve par là sensiblementdiminuée. Si l’on suppose maintenant que la montre continue de marcher,il sera facile de se rendre compte de ceci : le ressort, en se détendant, perdprogressivement de sa force ; mais, la chaîne agissant simultanément sur les