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Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
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DU PRINCE SOLTYKOFF.

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élevait leau et la distribuait ensuite par plusieurs canaux , au Louvre et àquelques autres quartiers de Paris .

«Les anciens, rapporte Claude Malingre, auteur des Antiquités de laville de Paris, avaient ignoré lindustrie de faire élever et remonter leseaux plus haut que leur source, et le roi a ci-devant employé les plus ingé-nieuses et hardies inventions qui se sont offertes à en laisser la preuve ad-mirable sur ce pont, telle que nous la voyons, et qui 11 e permet plus quenous et les nôtres demeurions en cette ignorance. Cest une Samaritaine,laquelle verse de leau à Notre-Seigneur, et au-dessus une industrieuse horlogequi, non-seulement marque et montre les heures devant midi en montant,et celles qui suivent après en descendant, mais aussi qui sert à connaîtrequel chemin le soleil et la lune font sur notre horizon, représenté, selon ladiversité de leurs cours, par une pomme débène : voire qui représente lesmois et les douze signes du zodiaque, compris dedans six espaces en mon-tant, et six en dévalant. Plus, quand lheure est prête à sonner, il y a der-rière lhorloge certain nombre de clochettes, lesquelles représentent tan-tôt une chanson, tantôt une autre, qui sentend de bien loin et est fortrécréative. »

On a vu par lordonnance de Louis XIV , à larticle des corporations, quece prince avait la conscience des grandes choses qui pouvaient saccomplirpar les perfectionnements de [lhorlogerie, et quil tenait cette science engrande considération. 11 avait un goût particulier pour les montres à sixroues et à secondes. Le savant De Camus était linventeur de ces sortesde montres, et il les décrit succinctement dans son Traité des forces mou-vantes. Dans ce même traité, page 461, il donne la manière dexécuter unemontre à répétition qui sonne delle-même les heures et les quarts, sur troistimbres différents, avec un seul marteau, et à laide dun seul rouage desonnerie.

Louis XIV , Colbert et plusieurs grands personnages de la cour, avaientde ces montres qui étaient surtout fort commodes pour la nuit ou pourvoyager en voiture. Cest à une de ces petites horloges, que Corneille faitallusion dans sa comédie du Menteur :

Ce discours ennuyeux enfin se termina;

Le bonhomme partait quand ma montre sonna.

De Camus fut aussi le premier qui construisit des pendules qui marchaientun an sans être remontées.