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Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
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COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE

Ou voit encore aujourdhui à Versailles , dans les appartements du roi,une horloge qui fut construite par Antoine Morand , de Pont-de-Vaux. Achaque fois que lheure sonne, deux coqs, placés sur le haut de la ma-chine chantent chacun trois fois en battant des ailes; en même temps, desportes à deux vantaux souvrent de chaque côté, et deux figures en sortentportant chacune un timbre en forme de bouclier, sur lesquels deux amours,placés aux deux côtés de lhorloge, frappent alternativement les quartsavec des massues. Une figure de Louis XIV , semblable à celle qui était surla place des Victoires, sort du milieu de la décoration. On voit en mêmetemps souvrir, au-dessus de lui, un nuage d la Victoire descend portantdans la main droite une couronne quelle pose sur la tête du roi; elle yreste pendant lespace dune demi-minute; puis alors, Louis XIV rentredans lhorloge, la Victoire remonte , les figures se retirent, les portes seferment, les nuages se réunissent et lheure sonne.

Antoine Morand a eu dautant plus de mérite en exécutant cette horlogetrès-compliquée, quil nétait pas horloger.

Malgré la faveur dont jouissaient au xviù siècle les horloges purementmécaniques, on se servait encore, surtout dans les monastères, de laclepsydre et du sablier. Il était même dusage, dans certains couvents, deplacer une de ces horloges au milieu de la table sur laquelle on servait ledîner des moines : c était sans doute pour avertir ces religieux quils nedevaient pas prolonger leur repas au delà des limites prescrites par la règlede la communauté.

LHORLOGERIE AU XVIII e SIÈCLE

Les arts mécaniques,*et généralement les sciences positives, ne restentjamais stationnaires; ils marchent toujours dans la voie du progrès; maisces progrès ne sont pas uniformes et ne se produisent pas constammentdans les mêmes pays.

Longtemps avant Périclès , les Égyptiens étaient déjà célèbres dans lemonde par les connaissances quils avaient acquises en astronomie, en phy-sique, etc, Lécole dAlexandrie fut un flambeau vivant qui, pendant plusdun siècle, rayonna dans toutes les contrées de lAsie. Plus tard, lessciences et les arts seconcentrèrent dans la Grèce , et bientôt après ce futdans Rome quils se réfugièrent. A la chute de ce puissant empire, les con-trées occidentales de lEurope sétant peu à peu civilisées, les sciences se