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Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
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DU PRINCE SOLTYKOFF.

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fixèrent dans cette partie du monde ; tandis que, au contraire , les Égyp-tiens, les Grecs et les Romains du Bas-Empire étaient tombés dans ligno-rance et dans la barbarie. Toutefois, les Européens ne furent pas subitementinitiés aux sciences; ils ne les acquirent que dans lespace de plusieurs siè-cles. Ce ne fut, en effet, quà la fin du règne de Louis XII , ou au com-mencement de celui de son successeur, François I er , que lEurope se plaçadéfinitivement à la tête de la civilisation. Cependant, les divers peuples decelte contrée ne furent pas savants dans une égale proportion.

LItalie et lAllemagne avaient acquis une prépondérance incontestablesur la France et lAngleterre, et celles-ci se montraient supérieures à lEs­ pagne , au Portugal , à la Russie , etc.

En ce qui concerne lhorlogerie, elle fit dabord des progrès remar-quables en Allemagne , puis en Italie et en France ; puis enfin, comme nouslavons dit précédemment, lAngleterre conquit et conserva le sceptre delart pendant tout le cours du xviU siècle : rien même ne pouvait faire pres-sentir quelle le perdrait au xviii' siècle ; cest cependant ce qui arriva.

Il ne faut que connaître lhistoire pour savoir que lorsque le chef dunÉtat civilisé manifeste un goût fortement prononcé soit pour une science,soit pour un art, il se trouve toujours des ministres et des courtisansprompts à se faire les protecteurs passionnés de lart ou de la science quiest lobjet des prédilections du souverain. On voit alors surgir de tous côtésdes savants ou des artistes qui, certains dêtre remarqués et protégés, selivrent avec autant de confiance que dardeur aux travaux de la science oude lart qui est en faveur; et celle-, ou celui-ci, prend soudain un essorqui ne sarrête quaprès avoir atteint son apogée.

Philippe dOrléans , qui eut la régence du royaume après la mort deLouis XIV , avait du goût pour les arts mécaniques et particulièrement pourlhorlogerie ; et, comme il savait que les horlogers de lAngleterre étaientsupérieurs aux français , il résolut de changer cet état de choses. Dabord,il favorisa de tout son pouvoir ceux de nos ouvriers qui se distinguaient pardes travaux remarquables; puis, voulant créer une pépinière dartistesdélite, capables de soutenir la lutte avec les horlogers doutre-Manche, ilfit venir de Londres plusieurs horlogers dun vrai mérite,' qui s établirent àParis sous sa protection immédiate.

Le plus illustre parmi ces savants étrangers fut Sully, qui, par de bellesinventions dans son art, et par la publication dun bon livre sur lhorlogerie,se fit en France et surtout à Paris une excellente réputation. Sully (voy.