COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE
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note 4) eut pour émules et pour amis Lebon et Gaudron, qui réunirent leurscommuns efforts pour atteindre le but que s’était proposé le duc d’Orléans.
Julien Le Roy , âprès s’être distingué par une dextérité toute particu-lière, ne tarda pas à se signaler par des inventions précieuses. Il ima-gina d’abord une pendule à équation que l’Académie des Sciences honorade ses suffrages. Peu après, ayant lu, dans Y Optique de Newton, les expé-riences que celui-ci rapporte pour montrer les lois suivant lesquelles agitl’attraction de cohésion, Julien Le Roy eut l’idée de faire servir cette pro-priété des fluides à fixer I huile aux pivots des roues et du balancier desmontres, et par là, de diminuer considérablement l’usure et les frottementsde ces parties. Pour cet effet, il imagina différentes pièces qui ont été géné-ralement adoptées. Telles sont les potences, au moyen desquelles on peutrendre l’échappement aussi parfait qu’il puisse être, etc. Les montres an-glaises à répétition avaient, à 1 époque dont nous parlons, quatre enveloppesou boîtes. 11 arrivait de là que, malgré leur grosseur apparente, le mou-vement de ces montres était si petit, et leur moteur si faible, que lesmoindres variations dans la ténacité de l’huile y produisaient des erreursconsidérables.
Au moyen des répétitions sans timbre, Julien Le Roy supprima troisboîtes sur quatre, en sorte que le mouvement d’une répétition de cet habilehorloger est à celui d’une répétition anglaise dans le rapport de soixante-quatre à vingt-sept. Il est aussi l’auteur des répétitions dites à boîtes levées,qui ont l’avantage d’être d’une exécution plus facile en ce que les pièces dela quadrature sont mieux distribuées, et quelles ont une place plus grandepour fonctionner et produire leurs effets.
On sait qu’il est assez commun de voir des répétitions qui, ayant marchéun certain temps, ou par l’effet du froid, sonnent lentement ou même nesonnent pas du tout. L’huile du rouage de la sonnerie étant alors congelée,le ressort n’est plus assez fort pour faire tourner les roues et lever le mar-teau. Cet inconvénient est prévenu, dans les montres de Julien Le Roy , parun petit échappement substitué aux dernières roues, et qui évite la plupartdes inconvénients attachés au pignon du volant.
Non content de travailler assidûment pour perfectionner ses ouvrages,Julien Le Roy avait le soin de recueillir tout ce qui paraissait d’utile ou decurieux en Angleterre ou ailleurs. C’est ainsi qu’ayant entendu parler avan-tageusement des inventions de Graham, il fit venir de Londres , en 1728, lapremière montre à cylindre qu’on ait vue à Paris ; il en étudia le méca-