DU PRINCE SOLTYKOFF.
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nisrne, qu’il trouva excellent; et, après l’avoir éprouvée, il la céda àM. de Maupertuis.
Graham, de son côté, ne dissimulait pas tout le cas qu’il faisait de sonémule. Un jour que milord Iiamilton lui montrait, devant plusieurs per-sonnes, une des montres à répétition, à grand mouvement, de Julien Le Roy , Graham après avoir examiné cette montre, dit : « Je voudrais êtremoins âgé afin de pouvoir faire des répétitions sur ce modèle. » Cette jus-tice que rendait au grand artiste français le plus célèbre horloger de l’Angle-terre, lui a été rendue par tous ceux des autres parties de l’Europe . Il arrivade là que tous se saisirent de ses inventions; on grava le nom de Julien LeRoy sur les montres de Genève, au lieu d’y graver comme autrefois, ceuxde Barlow, de Tompion, de Graham, etc. Enfin les montres de l’Angleterrefurent généralement abandonnées, et dès lors la préférence fut acquise auxmontres françaises.
Une partie des perfections que nous venons d’exposer passa bientôt danses pendules; il serait inutile de les rappeler en détail. Nous dirons seule-ment, au sujet des tirages ou pendules à répétition, que, pour rendre lespièces de leur quadrature plus grandes et plus solides, il les transposa dedessous le cadran sur lâ petite platine, afin qu’elles ne fussent plus gênéespar les faux piliers, l’arbre du remontoir et son rochet, ainsi que par lesroues des heures et des minutes. ,
A l’égard de ses pendules à secondes, voici le témoignage que M. deMaupertuis a rendu de celle qui fut exécutée pour les opérations de la me-sure des degrés du méridien terrestre vers le cercle polaire : « Nous avionsune pendule de M. Julien Le Roy , dont l’exactitude nous a paru merveil-leuse, dans toutes les observations faites avec cet instrument. »
Quant aux pendules à équation de toute espèce, on peut lire ce qu’elleslui doivent dans les Mémoires de l’Académie, année 1725. Ou voit aussi(Mém. acad., 1741 ) que l’horlogerie lui est redevable de la compensationdes effets de la chaleur et du froid sur le pendule, au moyen de l’allonge-ment et du raccourcissement inégal des métaux.
Julien le Roy s’est encore distingué par la construction de ses montreset pendules à trois parties, par divers échappements qu il a inventés ouperfectionnés, par ses réveils, dont il a donné la description dans la règleartificielle du temps, et par ses répétitions sans rouages.
Enfin, ses lumières et ses vues se sont portées jusque sur les horlogespubliques; car il est l’inventeur de celles qu’on nomme horizontales, qui