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COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE
sont encore en usage aujourd’hui. De onze pièces dont la cage de ces ma-chines était composée, il n’a retenu que le rectangle inférieur; par cemoyen, l’horloge, beaucoup plus facile à faire et moins coûteuse, est encoreinfiniment plus parfaite.
A tant d’heureuses inventions on pourrait joindre celles dont leur auteura enrichi la gnomonique, telles que son cadran universel à boussole et àpinnules; son cadran horizontal universel, propre à tracer des méridiennesau moyen de son axe, percé de plusieurs trous, et d’échelles des hauteurscorrespondantes gravées sur son plan, etc. On peut, sur ces articles, con-sulter ses Mémoires, à la suite de la Règle artificielle du temps.
Ces nombreuses découvertes lui méritèrent la haute réputation dont ila joui, sou logement aux galeries du Louvre, son brevet d’horloger duroi ; mais elles firent aussi la première réputation de l’horlogerie fran-çaise.
Si le rare génie de Julien le Roy a donné une aussi forte, aussi durableimpulsion à son art, ses procédés généreux envers ceux qui le cultivaientn’ont pas moins contribué à le perfectionner. Loin d’être de ces hommesmercenaires dont le but unique est de s’approprier le fruit des talents etdes travaux des autres, cet artiste célèbre était le premier à augmenter leprix de leurs ouvrages lorsqu’ils avaient réussi ; et très-souvent il portaitce prix, fort au delà de leur attente.
Plus tard Ferdinand Berthoud acquit une grande célébrité ; il la dut enpartie aux beaux livres qu’il écrivit sur l’horlogerie. D’ailleurs, Berthoud fut auçsi un habile praticien, et il attacha son nom à plusieurs belles inven-tions. Toutefois Pierre le Roy , le fils de Julien, pouvait lui disputer le pre-mier rang, car il rendit de signalés services à l'horlogerie par les décou-vertes dont il l’enrichit. Mais Pierre le Roy ne recherchait par la popularité,il fuyait les sociétés bruyantes et se renfermait dans son cabinet d’où sor-tirent les premières montres marines françaises, l’échappement à détente,à ressort, etc., etc.
Après ces deux grands promoteurs, il est juste de citer Lebon, Enderlin,Daulhiau, Gaudron, Régnaud, Lepaute , Dutertre, Rivas et Caron le fils,qui, après avoir inventé un de nos meilleurs échappements, celui à doublevirgule, s’illustra dans la littérature dramatique sous le nom de Beaumar chais . Personne ne regrette assurément que cet homme, un des plus beauxesprits du xviii 0 siècle, ait quitté sa boutique de la rue Saint-Denis, pourécrire le Barbier de Séville et le Mariage de Figaro (voy. note 5).