DU PRINCE SOLTYKOFF.
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métal le plus extensible à remonter la lentille, afin qu’elle conserve toujoursla même distance au point de suspension. Tel est le principe de compen-sation qui s’applique au pendule même, et pour le succès duquel il faut queles longueurs des verges soient en raison inverse de leurs dilatations; ensorte que, si l’artiste emploie, dans la composition d’un pendule, des vergesd’acier recuit et de cuivre jaune, il faudra, pour obtenir une compensationcomplète, que le produit des longueurs des barres d’acier par 121 soit lemême que celui des longueurs du cuivre par 69.
Le principe d excès de dilatation de deux métaux est également appli-cable au compensateur placé hors du pendule. Après ce court exposé dusystème de compensation dans le pendule des horloges, nous allons en éta-blir l’origine, et indiquer les auteurs à qui ces inventions appartiennent ouqui les ont perfectionnées.
George Graham fut le premier qui s’en occupa. Il employa d’abord lemercure, qui, placé dans un tube attaché au bas du pendule, remonte en sedilatant le centre d’oscillation de la même quantité que la dilatation de laverge du pendule l’avait fait descendre. Ce fut en 1715 que Graham fit cettedécouverte; il exposa sa recherche dans un mémoire qui fut impriméen 1726. L’auteur propose aussi, dans ce mémoire, d’employer deux métauxdont les dilatations diffèrent le plus entre elles, comme l’acier et le cuivre.
Le moyen indiqué par Graham, conçu et développé par Harisson, pro-duisit le pendule composé de neuf tringles qui fut porté à sa perfection dèsl’année 1726.
Un peu plus tard, Graham employa, dans ses horloges astronomiques, lependule perfectionné de Harisson, qu’on nomme en Angleterre le penduleà gril, et qui est encore de nos jours généralement adopté. Cependantquelques artistes emploient avec succès un pendule dont la compensationse produit par des leviers.
Cette recherche de l’artiste anglais a été le fondement de tout ce quis’est fait depuis sur cette matière, l’une des plus importantes de la mesuredu temps: car,.sans la compensation des effets de la température dans leshorloges à pendule, ces machines feraient des écarts de vingt secondes parjour lorsque l’horloge passerait de la glace à la température de 27 degrésdu thermomètre de Réaumur.
Regnauld, habile horloger de Châlons , s’était occupé dès 1783 de la cor-rection dés effets de la température sur le pendule. On peut voir les moyensqu’il a employés dans le Traité d'horlogerie de Thiout, t. II, p. 267.