,148 COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE
instructions nécessaires pour diriger l’épreuve en question ayant été dresséesde concert avec la Société royale, le fils de Harisson s’embarqua à Ports-mouth, sur le Deptfort, chargé de porter à la Jamaïque le gouverneurLittleton , et mit à la voile le 18 novembre 1761. Les détails de sa traverséesont fort intéressants. Après dix-huit jours de route, le 6 décembre, lespilotes du vaisseau se faisaient par 13 degrés 50' de longitude Est à l’égardde Portsmouth , tandis que la montre donnait 15 degrés 19'; ainsi la diffé-rence était d’un degré et demi, de sorte que déjà on la condamnait commeinutile et mauvaise. Mais, Harisson ayant dit qu’il se tenait pour assuré que,si file de Portland était bien marquée sur la carte, on la verrait le lende-main; le capitaine tint ferme pour ne pas changer de route, et en effet lelendemain, à sept heures du matin, on découvrit cette île : ce qui rétablitHarisson et son instrument dans 1 estime de tout l’équipage du Deplfort, qui,sans l’exactitude de la montre, n’eut point abordé Elle de Portland , et par làeût manqué, pendant toute la traversée, des rafraîchissements dont il avaitbesoin. La reconnaissance de la Désirade, l’une des Antilles , fut pour Ha-risson un nouveau sujet de triomphe ; car au moyen de sa montre ilannonça cette île, ainsi que toutes celles que l’on rencontre de là jusqu’à laJamaïque . Il toucha enfin le Port-Royal. On trouva qu’en supposant la lon-gitude de Port-Roval, telle que la donnait l’observation du passage de Mer-cure en 1743, de 5 heures 7' 2" de temps à l’Ouest de Greenwich, et àl’égard de Portsmouth , de 5 heures 2' 51", la montre avait marqué cetemps à 5" près,, car elle marquait à Port-Royal, après 81 jours,5 heures 2' 46".
Le retour de Harisson à Portsmouth ne fut pas moins favorable à soninstrument. Dès qu’il eut obtenu les certificats nécessaires des vérificationsfaites à la Jamaïque , il se rembarqua sur un très-petit bâtiment pour l’Eu rope . Harisson rentra à Portsmouth après 161 jours depuis son départ.Quelques jours après, on fit les observations nécessaires pour constaterl’heure que marquait la montre après un intervalle de temps si considérable,et l’on trouva qu’elle l’avait conservée à une minute cinq secondes près, cequi ne donne qu’une erreur de 18 milles anglais , ou moins d’un tiers dedegré, dans les deux traversées. On ne laissa pas, dans le bureau des lon gitudes , d’élever des difficultés tendant à affaiblir ces avantages. Harissonrépondit à ces difficultés d’une manière satisfaisante, mais cela n’empêchapas que le bureau, entraîné par des suggestions dont Harisson s’est plaint,ou dans le but de mieux constater la découverte, ne déclarât que ce voyage