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Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
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DU PRINCE SOLTYKOFF.

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nétait pas suffisant, et quil nen exigeât un second plus décisif. Ilarissonconsentit à faire cette nouvelle épreuve de sa montre; mais, désirant ychanger quelques pièces, il demanda un délai de quatre à cinq mois, qui luifut accordé. Le bureau des longitudes lui donna alors comme à-compte unesomme de 61,500 francs, lui promettant le surplus de la récompense si lesecond voyage avait un plein succès.

Un acte du parlement, en 1762, exigea que Harisson, pour recevoir leprix, expliquât le mécanisme de sa montre et sa méthode aux commissaires.En même temps que cet acte passait dans les deux chambres sans aucuneopposition, le roi y ayant donné son plein assentiment, le duc de Nivernois ,ambassadeur de France , fut invité à faire venir de Paris des personnes ca-pables dentendre et dexaminer la découverte de Harisson, qui allait êtredévoilée aux onze commissaires. Cétait une marque destime et damitiéquon donnait à la France , en même temps cétait un moyen de rendre plusprompt et de généraliser lusage de cette machine. En conséquence, le mi-nistre, ayant consulté lAcadémie des sciences , chargea MM. Camus et Fer­ dinand Berthoud de se transporter à Londres et de se réunir avec M. deLalande, qui y était allé pour son instruction particulière. Ils virent toutesles machines que Harisson avait faites depuis quelques années, et Berthoud,qui avait dabord douté du succès de lartiste anglais , fut forcé dadmirer lesressources de son génie. Cependant, lexplication et la publication du secretde sa dernière machine, qui semblaient prêtes à etre faites, furent retardées.M. Maskelyne, qui soutenait la méthode des longitudes par la lune, etquelques autres commissaires jugèrent quil était de leur devoir de sassurerpar eux-mêmes et par leur propre expérience que les autres ouvriers seraienten état dexécuter de semblables machines.

Le 9 mai 1763, dit lastronome Lalande, jallai avec Ferdinand Berthoud chez Harisson ; il nous fit voir trois montres à longitudes. Ferdinand Bèr-thoud les trouva très-belles, très-ingénieuses et parfaitement bien exécutées;mais il doutait encore de leur parfaite régularité, et il nen était que plusimpatient de les voir mettre à lépreuve. Cette satisfaction ne nous fut pasdonnée aussi promptement que nous lespérions. Les commissaires disaientquils seraient blâmés par le parlement sils payaient si cher un secret sanssassurer par tous les moyens possibles de la réussite et de la sincérité delauteur. En conséquence, le 13 avril 1763, Harisson fut*requis de faireexécuter dautres montres à longitudes sous les yeux des commissaires, etpar des ouvriers qui seraient choisis à cet effet, et pour quensuite ces mon-