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COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE
très fussent examinées et éprouvées. Harisson représenta à ses juges quel’acte du parlement n’exigeait pas de lui des épreuves et des constructionsnouvelles, mais seulement le détail et l’explication d’une des montres quiétaient faites; il offrit de donner cette explication de vive voix et par écrit,avec les dessins et les procédés nécessaires pour mettre les ouvriers en étatde comprendre et d’exécuter de semblables machines. Mais une partie descommissaires ayant persisté à juger que cela n’était pas suffisant pour rem-plir l’objet et l’intention du parlement, Camus, Lalande et Berthoud quittèrentl’Angleterre.
Harisson fils partit donc une seconde fois pour l’Amérique , le 28 mars 1764;le terme de son voyage fut seulement la Barbade , où il arriva le 13 mai, etil fut de retour en Angleterre le 18 septembre de la même année. Ce secondvoyage ne laissa plus de doute sur le droit de Harisson à la récompense pro-mise. Il fut décidé unanimement par le bureau des longitudes qu’il avaitdéterminé la longitude de la Barbade , même en deçà des limites prescritespar l’acte de la reine Anne, pour la récompense entière : 5,000 livres ster-ling lui furent accordées, le surplus devant lui être payé lorsqu’il aurait dé-voilé la construction de sa montre, et mis les artistes à portée d’en faire desemblables. Harisson satisfit à ces dernières conditions, suivant l’attestation,que lui en donnèrent les commissaires nommés à cet effet par le bureau,et qui étaient tous des hommes célèbres. Ils attestèrent que Harisson leuravait développé la construction de sa montre à leur entière satisfaction, etc.On parlait encore, avant de le payer complètement, d’exiger de lui, indé-pendamment de cette explication, qu’il eût déjà mis quelque artiste en étatde construire une semblable montre; mais, sur ses réclamations, on n’in-sista pas. En effet, il était temps que Harisson, âgé d’environ 75 ans, quiavait consacré sa vie entière à un objet aussi utile à l’Angleterre et au mondeentier, jouit de la récompense qu’on lui devait. Harisson obtint en 176310,000 livres sterling ou 246,000 francs. Le parlement assigna en mêmetemps une récompense de 3,000 livres sterling au célèbre Euler , de Ber lin . Une autre somme de 3,000 livres sterling fut aussi donnée aux héri-tiers de Tobie Mayer, de Gœttingue , en reconnaissance des tables lunairesqu’il avait dressées. De plus, le parlement promit une récompense de5,000 livres sterling aux personnes qui feraient, par la suite, des décou-vertes utiles à l’art de la navigation.
Harisson publia les principes de sa montre dans un mémoire qu’il écrivitlui-même, et qui parut à Londres en 1767. Ce grand artiste, dont s’honore