DU PRINCE SOLTYKOFF.
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c’est-à-dire que, quand le vrai soleil est au méridien, une bonne horloge nedoit marquer que 11 heures 44'.
L’on peut aussi combiner ensemble ces deux causes qui rendent inégauxles retours du soleil au méridien, en concevant un soleil moyen et uniformequi tourne dans l’équateur, de manière à faire chaque jour 59' 8", et les360 degrés en même temps que le soleil par son mouvement propre. Sup-posons que le soleil moyen parte de l’équinoxe du printemps au moment oùla longitude moyenne est zéro : toutes les fois que ce soleil moyen arriveraau méridien, nous dirons qu’il est midi moyen; et si le soleil vrai se trouveplus ou moins avancé, en sorte qu’il soit plus ou moins de midi, nous appel-lerons la différence équation du temps.
Cette équation était connue et employée même du temps de Ptolémée ,qui en parle dans son Almageste , liv. m, chap. x. Cependant Tycho-13rahéne tenait compte que de la seconde partie de l’équation du temps, quidépend de l’obliquité de l’écliptique, mais Kepler l’employa tout entière.L’équation du temps, telle qu’on l’emploie aujourd’hui, fut généralementadoptée en 1672, lorsque Flamsteed publia une dissertation à ce sujet, à lasuite des Œuvres d’IIoroccius.
Le temps moyen, temps égal, tempus œquatum, est proprement celui desastronomes ; car le temps vrai leur èst indifférent et inutile : ils ne l’obser-vent que parce qu’il sert à trouver le temps moyen, celui-ci est l’objet ou lebut qu’ils se proposent. Le temps vrai est facile à observer, puisqu’il estimmédiatement marqué par le soleil que nous voyons; mais, si l’on a faitune observation à 8 heures du temps vrai, c’est-à-dire 8 heures après quele soleil avait été observé dans le méridien, et que l’équation du temps soitalors de 10 minutes additives, on sait que le temps moyen de cette obser-vation est 8 heures 10 minutes, et c’est celui qu’il faut connaître pour enfaire usage dans les calculs. Le temps vrai n’est pas un temps propre à ser-vir d’échelle de numération; car il est de l’essence d’une pareille échelled’être toujours constante, uniforme et égale. Toutes les révolutions célestes,toutes les époques en temps, tous les intervalles de temps que 1 on trouvedans les tables astronomiques, sont toujours en temps moyen; car cestables, devant servir pour les temps passés et futurs, ne peuvent être dis-posées que pour des années égales, des jours égaux et uniformes, c’est-à-dire pour des temps moyens.
La table même de l’équation du temps, qui renferme la différence entrele temps moyen et le temps vrai, donne cette différence en temps moyen,
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