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COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE
et ne pourrait la donner autrement; car, si nous concevons le soleil vrai etle soleil moyen éloignés l’un de l’autre de quatre degrés, en sorte qu’ildoive s’écouler plus d un quart d’heure de différence entre leurs passagesau méridien, cet espace d’un quart d’heure doit se compter, comme tousles autres temps des tables astronomiques, sur la même horloge et sur lamême échelle que toutesles révolutions et toutes les durées des mouvementscélestes : il doit donc se compter en minutes de temps moyen (voy. P. LeRoy, Etrenn. chron .y F Encyclop. des sciences; — janvier, la Connaissance destemps, etc.).
DES PENDULES ET DES MONTEES A ÉQUATION.
« Solem quis dicere falsum audeat? » Qui osera soupçonner de l’erreurdans le soleil? (Virgile, Géorg.)
Les astronomes, suivant l’expression de P. Le Roy, ont fait plus quel’oser; ils ont prouvé, comme nous l’avons dit dans le chapitre précédent,que la marche de l’astre du jour était irrégulière. C’est pour obvier à cetinconvénient que les horlogers des xvn' et xvm 6 siècles ont inventé lespendules à équation.
L’équation est cette partie de l’horlogerie qui indique les variations dusoleil ou la différence de son retour au méridien.
Les premières horloges qui ont été faites ne marquaient que le tempsmoyen; la disposition de ces machines ne pouvait indiquer les parties dutemps que par des intervalles égaux.
Ce ne fut que lorsqu’on eut déterminé la quantité de variation appa-rente du soleil, après une longue suite d’observations astronomiques, quel’on chercha les moyens de faire suivre aux horloges ces mêmes variationsdu soleil, ce qui donna lieu aux pendules à équation. Les différentes espècesde construction que l’on a mises en usage pour faire marquer aux hor-loges le temps vrai et moyen peuvent se réduire aux suivantes : 1° auxpendules à équation qui marquaient les deux temps par le moyen dedeux aiguilles; telle est celle dont parle le P. Alexandre, p. 343. Cettepièce était dans le cabinet de Philippe II , roi d’Espagne; elle fut la pre-mière pendule à équation connue.
Voici ce que dit Sully, dans sa réponse au P. Kéfra, sur les premièreséquations : « Il y a deux manières de produire à peu près la même chose(de marquer l’équation); l’une est par une pendule dont les vibrations