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COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE
grands personnages de l’époque, toutes les beautés des historiens, despoètes et des orateurs de la Grèce et de Rome . Il donna une attention touteparticulière à l’enseignement des sciences exactes. Grâce aux chiffres arabes,à la numération décimale, et à une machine à calculer appelée abacus, qu’ilavait apportés de Cordoue , il put faire descendre les mathématiques au ni-veau de toutes les intelligences. Il vulgarisa l’astronomie à l’aide de diffé-rentes sphères, qu’il construisait souvent de ses mains. Il employa le mono-corde des Grecs anciens pour redresser l’oreille et la voix de ses auditeurs,dont il adoucit les mœurs sauvages en les soumettant aux charmes de lamusique. (Voy. J. Sabbatier, Notice surGerhert.)
Malgré les travaux que nécessitait son école, il trouvait encore le tempsde correspondre avec les plus éminents personnages de son époque ; il selivrait même, dans le silence de la nuit, à son goût favori pour la mé-canique.
Il construisait alors des clepsydres à rouages, des orgues hydrauliques,des cadrans solaires et autres instruments propres à mesurer le temps. Ilest prouvé que Gerbert inventa des tubes qui, garnis de verres à leursdeux extrémités lui rendaient plus faciles les observations astronomiques;il découvrit, si l’on en croit les biographes, six cents ans avant Franklin , lemoyen de se rendre maître du fluide électrique.
« Rome ne vit pas sans admiration son pontife dresser, pendant les nuitspures de l’Italie , un tube à travers lequel il contemplait le mouvement desdeux...., et, pendant les chaleurs du jour, érigeant sur les places publiquesune pointe aiguë au sommet d’une flèche immense, manier la foudre, défierl’orage, gouverner la tempête. » (Voy. M. L. Barse, Lettres de Gerbert,2 vol.) Quelques historiens, tels que les bénédictins, le Père Alexandre,Moréri , Marlot, Brovius, Dithmarus, le président Hénault, etc., pensent, etce n’est pas sans raison, qu’il fut l’inventeur du poids moteur qui remplaçasi avantageusement ce réservoir liquide constituant la force motrice desrouages primitifs. Plusieurs auteurs modernes ét entre autres MM. Axinger,L. Barse et J. Sabbatier, s’appuyant sur des textes sérieux, ont dit que Ger bert , dans le cours de ses travaux de haute mécanique, avait cherché à uti-liser la vapeur comme force motrice et qu’il l’avait appliquée à un orgue àrouage d’une grande dimension.
M. David (d’Angers ), ayant eu à exécuter la statue de Gerbert , pour laville d’Aurillac , n’a pas manqué, dans un des bas-reliefs de ce monument,de montrer le pape Silvestre II dans son laboratoire, s’occupant de mé-