DU PRINCE SOLTYKOFF.
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canique et particulièrement d’horlogerie, et cherchant à faire mouvoir parla force de la vapeur les divers instruments harmoniques ou de précisionmathématique qu’il construisait.
On attribue aussi à Gerbert l’invention du rouage de la sonnerie, mais cen’est pas un fait certain. Ce qui est positif, c’est que ce rouage était déjà connuet mis en action au xi e siècle, c’est-à-dire peu de temps après la mort dupape Sylvestre II , et on en faisait particulièrement usage dans les monas-tères. En effet il est fait mention des horloges sonnantes dans les usages deVordre de Cîleaux, compilés vers l’année 1112, livre où il est prescrit au sa-cristain « de remonter l’horloge de manière qu’elle sonne et l’éveille avantles matines. » Dans le même ouvrage il est ordonné aux moines « de con-tiuuer la lecture jusqu’à ce que l’horloge sonne, etc. » (Voy. Dom Calmel,Commentaire littéral sur la réglé de Saint-Benoît.)
Il n’est pas certain, disons-nous, que Gerbert soit l’inventeur des horlogesà sonnerie, mais nous ajouterons cependant que la chose est fort probable.Il se pourrait qu’un homme ignoré, religieux ou laïque, eût fait cette belleinvention, mais n’est-il pas plus raisonnable de croire qu’on la doit à unsavant mécanicien, à un géomètre distingué? Or, les géomètres et les mé-caniciens étaient rares au X e siècle, et l’iiistoire ne nous fait connaître qu’unseul homme, et ce fut Gerbert , qui à celte époque avait fait des mécaniquesremarquables et des horloges tellement curieuses, que les ignorants crurentqu’il n’avait pu les exécuter qu’à l’aide des sciences occultes et avec le se-cours du démon. Admirabile horologium fabricavil per instrumenlum ihabolicaarte invenlum ( Guill. Marlot., Metrop. Bem. Historia ).
Dithmarus cite aussi une horloge que Gerbert avait construite à Magde-bourg, laquelle par la complication de ses rouages, ht pendant longtempsl’admiratiou des princes et de tous les savants qui purent l’examiner.
La haute réputation que se fit Gerbert , à Reims , engagea la reine Adé-laïde, épouse de Hugues Capet , à lui confier l’éducation de sou hls Robert,qui, après la mort de son père, monta sur le trône de France . L'éducationde ce jeune prince étant terminée en 981, Gerbert quitta Paris et retournaauprès d’Olhon II, qui avait grand besoin de ses conseils pour lutter avecavantage contre ses ennemis.
Lorsque le calme fut rétabli en Italie et en Allemagne , Olhon, voulantrécompenser dignement Gerbert pour les services qu il lui avait rendus, luifit accepter l’abbaye de Bobbio , située dans les Apennins . Le nouvel abbén’eut pas lieu de se féliciter du présent de l’empereur. L’abbaye avait été