Buch 
Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
Entstehung
Seite
165
JPEG-Download
 

DU PRINCE SOLTYKOFF.

165

canique et particulièrement dhorlogerie, et cherchant à faire mouvoir parla force de la vapeur les divers instruments harmoniques ou de précisionmathématique quil construisait.

On attribue aussi à Gerbert linvention du rouage de la sonnerie, mais cenest pas un fait certain. Ce qui est positif, cest que ce rouage était déjà connuet mis en action au xi e siècle, cest-à-dire peu de temps après la mort dupape Sylvestre II , et on en faisait particulièrement usage dans les monas-tères. En effet il est fait mention des horloges sonnantes dans les usages deVordre de Cîleaux, compilés vers lannée 1112, livre il est prescrit au sa-cristain « de remonter lhorloge de manière quelle sonne et léveille avantles matines. » Dans le même ouvrage il est ordonné aux moines « de con-tiuuer la lecture jusquà ce que lhorloge sonne, etc. » (Voy. Dom Calmel,Commentaire littéral sur la réglé de Saint-Benoît.)

Il nest pas certain, disons-nous, que Gerbert soit linventeur des horlogesà sonnerie, mais nous ajouterons cependant que la chose est fort probable.Il se pourrait quun homme ignoré, religieux ou laïque, eût fait cette belleinvention, mais nest-il pas plus raisonnable de croire quon la doit à unsavant mécanicien, à un géomètre distingué? Or, les géomètres et les mé-caniciens étaient rares au X e siècle, et liiistoire ne nous fait connaître quunseul homme, et ce fut Gerbert , qui à celte époque avait fait des mécaniquesremarquables et des horloges tellement curieuses, que les ignorants crurentquil navait pu les exécuter quà laide des sciences occultes et avec le se-cours du démon. Admirabile horologium fabricavil per instrumenlum ihabolicaarte invenlum ( Guill. Marlot., Metrop. Bem. Historia ).

Dithmarus cite aussi une horloge que Gerbert avait construite à Magde-bourg, laquelle par la complication de ses rouages, ht pendant longtempsladmiratiou des princes et de tous les savants qui purent lexaminer.

La haute réputation que se fit Gerbert , à Reims , engagea la reine Adé-laïde, épouse de Hugues Capet , à lui confier léducation de sou hls Robert,qui, après la mort de son père, monta sur le trône de France . L'éducationde ce jeune prince étant terminée en 981, Gerbert quitta Paris et retournaauprès dOlhon II, qui avait grand besoin de ses conseils pour lutter avecavantage contre ses ennemis.

Lorsque le calme fut rétabli en Italie et en Allemagne , Olhon, voulantrécompenser dignement Gerbert pour les services qu il lui avait rendus, luifit accepter labbaye de Bobbio , située dans les Apennins . Le nouvel abbéneut pas lieu de se féliciter du présent de lempereur. Labbaye avait été