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COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE
dévastée par son prédécesseur, et il n’en restait plus que les murailles ; lesterres étaient demeurées sans culture et les vassaux ne payaient plus leursredevances; d’ailleurs ils suspectaient Gerbert, qui n’était pour eux qu’unintrus indûment favorisé par l’empereur, et ils lui firent éprouver, malgré lasévérité dont il s’était armé contre eux, des désagréments sans nombre et desprivations de toute espèce. Bref, la place n’était pas tenable, et il écrivait àce sujet à Otlion : « Les greniers et la cave n’ont rien , la bourse est vide.Hélas! malheureux! que suis-je venu chercher ici? J’aimerais mieux, si celase pouvait, avec la permission de mon seigneur, être à la gêne tout seulparmi les Gaulois, que de me voir dans cette Italie , mendiant parmi tous lesbesoigneux. » {Lettres à Olhon II. Traduction de M. L. Barse.)
Pendant son séjour à Bobbio , et malgré les chagrins qu’il y éprouvait, il nes’en livrait pas moins à ses études favorites, et ce fut dans cette abbaye qu’ilexécuta un orgue qu’il destinait aux révérends pères d’Aurillac , avec les-quels il n’avait pas cessé d’entretenir une correspondance active.
Gerbert quitte enfin-l’Italie et retourne à Beims, où il va reprendre sesfonctions d’écolâtre et de secrétaire d’Adalbéron . Sa réputation grandit en-core : on accourait de tous les points de la Gaule pour assister à ses leçons.
Quoique Gerbert 11e fût officiellement que le secrétaire d’Adalbéron , ilétait en réalité son premier ministre, et les affaires d’Etat ne se réglaient ja-mais sans son assentiment ou par son ordre. Ce fut lui qui, après la mort deLouis V , fils de Lothaire , agit le plus habilement et le plus efficacement enfaveur de Hugues Capet , et celui-ci ne s’empara du sceptre des Carlovin-giens que parce que Gerbert et Àdalbéron s’étaient mis à la tête de souparti.
On dit que les rois sont ingrats : Hugues Capet le fut envers Gerbert enne le nommant pas à l’archevêché de Reims, après la mort d’Adalbéron quil’avait désigné pour son successeur. Ce fut Arnould, fils naturel de Lothaire qui obtint ce riche archevêché, mais il ne le garda pas longtemps, car ayanttrahi Hugues Capet , qu’il regardait comme un usurpateur, il fut arrêté, jetéen prison, traduit devant un synode, à Saint-Basle, condamné et déposé. Lemême synode élut Gerbert à sa place. 'Malheureusement Rome cassa le ju-gement rendu contre Arnould, désapprouva l’élection de Gerbert, et frappade suspense les évêques qui avaient siégé au synode de Saint-Basle. Gerbert,dont l’âme était ardente, et qui 11e croyait pas avoir mérité un tel affront,refuse d’obéir au pape et une polémique regrettable s’engage entre l’arche-vêque rebelle et les conseillers du Vatican : « On peut, disait-il, me chasser