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Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
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COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE

dévastée par son prédécesseur, et il nen restait plus que les murailles ; lesterres étaient demeurées sans culture et les vassaux ne payaient plus leursredevances; dailleurs ils suspectaient Gerbert, qui nétait pour eux quunintrus indûment favorisé par lempereur, et ils lui firent éprouver, malgré lasévérité dont il sétait armé contre eux, des désagréments sans nombre et desprivations de toute espèce. Bref, la place nétait pas tenable, et il écrivait àce sujet à Otlion : « Les greniers et la cave nont rien , la bourse est vide.Hélas! malheureux! que suis-je venu chercher ici? Jaimerais mieux, si celase pouvait, avec la permission de mon seigneur, être à la gêne tout seulparmi les Gaulois, que de me voir dans cette Italie , mendiant parmi tous lesbesoigneux. » {Lettres à Olhon II. Traduction de M. L. Barse.)

Pendant son séjour à Bobbio , et malgré les chagrins quil y éprouvait, il nesen livrait pas moins à ses études favorites, et ce fut dans cette abbaye quilexécuta un orgue quil destinait aux révérends pères dAurillac , avec les-quels il navait pas cessé dentretenir une correspondance active.

Gerbert quitte enfin-lItalie et retourne à Beims, il va reprendre sesfonctions décolâtre et de secrétaire dAdalbéron . Sa réputation grandit en-core : on accourait de tous les points de la Gaule pour assister à ses leçons.

Quoique Gerbert 11e fût officiellement que le secrétaire dAdalbéron , ilétait en réalité son premier ministre, et les affaires dEtat ne se réglaient ja-mais sans son assentiment ou par son ordre. Ce fut lui qui, après la mort deLouis V , fils de Lothaire , agit le plus habilement et le plus efficacement enfaveur de Hugues Capet , et celui-ci ne sempara du sceptre des Carlovin-giens que parce que Gerbert et Àdalbéron sétaient mis à la tête de souparti.

On dit que les rois sont ingrats : Hugues Capet le fut envers Gerbert enne le nommant pas à larchevêché de Reims, après la mort dAdalbéron quilavait désigné pour son successeur. Ce fut Arnould, fils naturel de Lothaire qui obtint ce riche archevêché, mais il ne le garda pas longtemps, car ayanttrahi Hugues Capet , quil regardait comme un usurpateur, il fut arrêté, jetéen prison, traduit devant un synode, à Saint-Basle, condamné et déposé. Lemême synode élut Gerbert à sa place. 'Malheureusement Rome cassa le ju-gement rendu contre Arnould, désapprouva lélection de Gerbert, et frappade suspense les évêques qui avaient siégé au synode de Saint-Basle. Gerbert,dont lâme était ardente, et qui 11e croyait pas avoir mérité un tel affront,refuse dobéir au pape et une polémique regrettable sengage entre larche-vêque rebelle et les conseillers du Vatican : « On peut, disait-il, me chasser