468 COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE DU PRINCE SOLTYKOFF.
délivrance du saint Sépulcre. Son appel ne fut pas entendu, mais on voit quedans son esprit ce grand homme embrassait déjà toute la grande œuvrequ’un demi-siècle plus tard un de ses successeurs, Grégoire VII , entreprit denouveau, et qu’Urbain II acheva au commencement du xm e siècle.
Gerbert mourut le 12 mai 1003, dans la cinquième année de son pontificat.Il fut enseveli sous le portique de Saint-Jean-de-Latran . Avant de descendredans la tombe, le pape Sylvestre II avait pardonné aux ennemis de Gerbert ,et même à Arnould qu’il avait replacé sur le siège de Saint-Remi.
Le pape Serge IV , le troisième de ses successeurs, fit graver l’épitapheuivante sur la pierre tumulaire qui recouvrait Gerbert :
« Ci-gît Sylvestre. Quand retentira la trompette annonçant le jugementde Dieu , cette tombe rendra la dépouille mortelle de celui qui, à l’illustra-tion de la science joignit le titre glorieux de Pontife romain.
« Comme le prince des apôtres auquel il succéda sur le siège sacré, ilreçut trois fois la mission de paître les peuples. Quand il eut rempli pen-dant un lustre ces sublimes fonctions, il se trouva au bout de sa carrière etmourut.
«Le monde d’où s’envola la concorde resta stupéfait; l’Église vit chan-celer la victoire et ne connut plus de repos.
« L’évêque Serge, son successeur, par un tendre sentiment de piété, aorné le cercueil d’un ami.
« Vous qui jetez les yeux sur cette pierre funèbre, qui que vous soyez,répétez : Seigneur tout-puissant ayez pitié de lui. »
César Raspéoni, chanoine deLatran, qui vivait vers le milieu du xvn e siècleraconte que lorsqu'on 1648, on ouvrit le tombeau de Gerbert , il en étaitsorti une agréable odeur, et que l’on avait trouvé dans un cercueil demarbre le corps de Gerbert bien conservé, revêtu des habits pontificaux,la mitre en tête et les bras croisés, mais qu’au contact de l’air il était tombéen poussière, et qu’il n’en était resté qu’une croix d’argent et l’anneauépiscopal.
Les habitants du Cantal , ont fait élever un monument à la mémoire deGerbert . Ce monument dont l’exécution est due, comme nous l’avons ditplus haut, à M. David (d’Angers ), a été érigé sur une des places publiquesde la ville d’Aurillac , le 16 septembre 1851.