NOTE 2
L’horloge de Dijon qui a aujourd’hui trois figures, Jacquemart, sa femmeet un enfant, n’en avait que deux dans l’origine , car les auteurs qui ontécrit sur cette horloge postérieurement au xvif siècle ne font mention quede deux automates, lesquels ont été renouvelés plusieurs fois comme leprouve une pièce de vers en patois que l’on attribue au fameux vigneronChangenet et qui fut faite vers la fin du xvr siècle. Cette pièce de vers estintitulée : Mariaige de Jaiquemart.
L’auteur commence par dire que tout le monde accourt vers la poisson-nerie, c’est-à-dire dans la rue Musette, pour voir Jacquemart :
Compaire, voci core ce janQui voi qu’alon contre Sain-Jean,
Tiran ai poissonnerie?
C’a qui von voi le braverieDe lai venue de JaiquemarQui n’a ni sur tar ni sur mar...
Ensuite le poëte témoigne sa surprise de voir un nouveau Jacquemart,fort, nerveux comme un hercule, au lieu d’un petit homme laid, mal fait,bossu, ressemblant à un Esope , qui existait auparavant. Il exprime ainsi sasurprise :
I ne sai si j’ai voo trô bue,
Vou si j’aivoo lés ébreluëQuan je le vi l’autre de jor:
Ma je ne peu tomber d’accorQui çà Jaiquemer en personne.
Po Jaiquemar, c’étoo ein hommeDe cote taille, aissé mau fai,
Qui resonne cés IsopaiQui s’an-von sarran lés épaule