170 COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE
Qu’ai sanne ai voi de faut épaule ;
Ma cetu qui, tôt et rebor,
A lai corne ein homme bé for,
Corne ein Rolan, ein Herculiesse,
Gran et pussan corne LaiguesseLai maïgne d’un homme fâchai,
Sanne qu’ai veule tô frachai...
L’auteur, passant à la femme de Jacquemart, en fait le portrait suivant,
Tôt auprès de lu, éne fanneBelle bé grant et an bon pain,
Qui ressanne lai leugne en plain;
Son haibi ai lai parisienne,
Elle resanne dame HélèneQui demeure au dessu du bor,
Qui fai fête de tô lé jor,
Lé fanne sont en rêveriePorquoi Jaiquemar eu anvieEt le vouloi de s’en alaiSi lontam de çai et de laiPor emennai cete envolôpe,
Qu’ai saichein bé que dans l’Eurôpe Ai n’y an é pas éne tei ;
Elle à faite d’ein tei inotei ;
Que j’aiinoi elle n’é aifaireDe'meidecin, d’aipoticaire;
Et ça lai fanne lai pu saigeEt lai pu prôpe au mairiaigeQue jaimoi lai rarre é potaiElle a si plena de bontaiQue si Jaiquemar li fai teigne,
Elle e si pô qu’ai ne so greigne,
Qu’elle ne fai que son vouloi...
À la suite de ces vers, vient un tableau peu gracieux des femmes qui fontenrager leurs maris : la matière est ample. Puis, l’auteur déplore le sort deJacquemart, qui ne peut contenter tout le monde; il sonne trop tôt lesheures pour les joueurs, pour les amoureux qui ont des rendez-vous; troptard pour les paresseux, les saouls-d’ouvrer, etc., etc.; malgré cela, dit-il :
Jacquemart de ran ne s’étonne ;
Le froid de l’hiver, de l’autonne,