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Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
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COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE DU PRINCE SOLTYKOFF. 481

sement delà perfection de cet art, on ne sera pas surpris que, dès lâge dedix-neuf ans seulement, je me sois occupé à my distinguer et à tâcher demériter lestime publique. Les échappements furent les premiers objets demes réflexions. Retrancher tous leurs défauts, les simplifier et les perfec-tionner fut laiguillon qui excita mon émulation. Mon entreprise était sansdoute téméraire 1 , tant de grands hommes, que lapplication de toute ma viene me rendra peut-être jamais capable dégaler, y ont travaillé sans êtreparvenus au point de perfection tant désiré, que je ne devais pas me flatterdy réussir; mais la jeunesse est présomptueuse, et ne serai-je pas excusable,Messieurs, si votre jugement couronne mon ouvrage? Mais quelle douleur sile sieur Lepaute réussissait à menlever la gloire dune découverte que vousauriez couronnée!... Je ne parle pas des injures que le sieur Lepaute écritet répand contre mon père et moi, elles annoncent ordinairement une causedésespérée, et je sais quelles couvrent toujours de confusion leur auteur. Ilme suffira pour le présent que votre jugement, Messieurs, massure la gloireque mon adversaire veut me ravir, et que jespère de votre équité et de voslumières.

« Caron fils. »

Lettre adressée au Mercure le IG juin 1755.

« Monsieur, je suis un jeune artiste qui nai lhonneur dêtre connu dupublic que par linvention dun nouvel échappement à repos pour les mon-tres, que lAcadémie a honoré de son approbation et dont les journaux ontfait mention lannée passée. Ce succès me fixe à létat dhorloger, et jeborne toute mon ambition à acquérir la science de mon art. Je nai jamaisporté un œil denvie sur les productions de mes confrères : celte lettre leprouve 1 ; mais jai le malheur de souffrir fort impatiemment quon veuillemenlever le peu de terrain que létude et le travail mont fait défricher.Cest cette chaleur de sang, dont je crains bien que lâge ne me corrige pas,qui ma fait défendre avec tant dardeur les justes prétentions que javaissur linvention de mon échappement, lorsquelle me fut contestée il y a en-viron dix-huit mois.

« Je profite de cette occasion pour répondre à quelques objections quon

1. Beaumarchais , en commençant cette lettre, avait fait léloge de Romilly, excellenthorloger de Genève , établi à Paris .