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Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
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COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE

ma faites sur mon échappement dans divers écrits rendus publics. En seservant de cet échappement, a-t-on dit, on ne peut pas faire de montresplates ni même de petites montres, ce qui, supposé vrai, rendrait le meilleuréchappement connu très-incommode. »

Après quelques détails techniques qui se rapportent à linvention deléchappement à double virgule, Beaumarchais termine ainsi :

« Par ce moyen, je fais des montres aussi plates quon le juge à propos,plus plates quon nen ait encore fait, sans que cette commodité diminue enrien leur bonté. La première de ces montres simplifiées est entre les mainsdu roi ; Sa Majesté la porte depuis un an, et elle en est très-contente. Si desfaits répondent à la première objection, des faits répondent également à laseconde. Jai eu lhonneur de présenter à Madame de Pompadour , ces jourspassés, une montre dans une bague de cette nouvelle construction simplifiée,la plus petite qui ait encore été faite : elle na que quatre lignes et demiede diamètre et une ligne moins un tiers de hauteur entre les platines. Pourrendre cette bague plus commode, jai imaginé en place de clé un cercleautour du cadran, portant un petit crochet saillant; en tirant ce crochet aveclongle, environ les deux tiers du tour du cadran, la bague est remontée,et elle va trente heures. Avant que de la porter à Madame de Pompadour ,jai vu cette bague suivre exactement pendant cinq jours ma pendule àsecondes : ainsi, en se servant de mon échappement et de ma construction,on peut donc faire dexcellentes montres aussi plates et aussi petites quonle jugera à propos.

« Caron fils, horloger du roi. »

Voici encore un passage dune lettre écrite par Beaumarchais à un de sescousins, horloger à Londres .

« Jai enfin livré la montre au roi. Sa Majesté ma ordonné de la monteret de lexpliquer à tous les Seigneurs qui étaient au lever, et jamais Sa Majesténa reçu aucun artiste avec tant de bonté; elle a voulu entrer dans le plusgrand détail de ma machine. Cest que jai eu lieu de vous rendre beaucoupdactions de grâces du présent de votre loupe, que tout le monde a trouvéeadmirable. Le roi sen est servi surtout pour examiner la montre de bague deMadame de Pompadour , qui na que quatre lignes de diamètre et quon a