DU PRIJNTCE SOLTYKOFF.
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nementation : le sentiment du beau et du vrai est surtout indispensable.
« Dans ma jeunesse, sous Louis XY et même sous Louis XVI , on faisaitencore quelques pendules de bon goût; elles étaient sans doute d’un styletourmenté, souvent baroque, mais, en général, leurs formes et les orne-ments dont elles étaient revêtues plaisaient à l’œil et satisfaisaient l’espritet l’imagination. Hélas! que voyons-nous depuis le commencement de cesiècle, chez nos bronziers, chez nos horlogers en renom? Des machinesgrossières aux formes lourdes et disgracieuses, des figures guindées, malassises ou mal debout , des ornements hétérogènes et grimaçants, des cise-lures ou des gravures où l’art n’entre pour rien. Et cependant, chosesingulière ! nos bronziers, nos horlogers modernes croient imiter l’artantique par cela seul qu’ils font des Grecs et des Romains, ou du moinsdes figures portant le costume traditionnel des guerriers, des législateursou des simples citoyens d’Athènes ou de Rome . »
Ce grand artiste avait raison; les pendules du temps de l’empire et de larestauration des Bourbons, sont détestables. Nous en exceptons cependantcelles de Janvier qui, pour la plupart, sont charmantes, soit par leur élé-gante simplicité, soit pour le bon goût des ornements. Il en est resté unassez grand nombre et on les estime avec raison, notamment celles où l’ar-tiste a su mêler aux cuivres ciselés et dorés, divers sujets peints sur porce-laine de Sèvres par les artistes spéciaux de la célèbre manufacture.
Pendant les orages de la révolution, Janvier fut encore utile aux scienceset aux arts, tout en servant la patrie, pour laquelle il eut constamment unamour sincère et éclairé. Chargé de diverses missions, soit pour la fabrica-tion des armes, soit pour l’établissement des lignes télégraphiques, soit enfincomme membre de la commission temporaire des arts, adjoint au comitéd’instruction publique, il remplit ces diverses missions avec l’intelligencesupérieure qui le distinguait, l’activité et le courage dont son âme énergiqueétait douée.
En 1800, Janvier, qui avait repris ses études et ses travaux habituels, sou-mit à la classe des sciences de l’Institut une sphère mouvante qui fut l’objetd’un rapport de M. Delambre, rapport où l’on accorde à l’artiste des élogesmérités et des encouragements flatteurs.
En 1802, il présenta à l’exposition des produits de l’insdustrie françaiseune autre sphère mouvante qui lui valut une médaille d or, mais qui ne putêtre jugée par l’Institut, parce que la description de cette machine se trou-vait consignée dans l’Histoire de la mesure du temps, publiée par Ferdinand