NOTE 7
On sait que le roi Louis X\I avait un goût très-prononcé pour la méca-nique en général, et pour l’horlogerie en particulier.
Du vivant de son aïeul Louib XV, il possédait plusieurs petites horlogesqu’il ne se lassait pas de regarder. 11 en étudiait attentivement les effets,suivait la marche des rouages, et s’extasiait sur la parfaite harmonie qu’ilvoyait régner dans l’ensemble de l’œuvre.
Lorsqu’une sonnerie venait à se déranger, il savait fort bien la remettred’accord avec les heures. Il réussissait aussi très-souvent à trouver la caused’un arrêt périodique ou accidentel dans les organes d’une horloge ou d’unependule, et c’était une grande joie pour lui lorsque, prenant par le brasson précepteur, M. de La Vauguyon , il l’entraînait dans son cabinet, où illui prouvait mathématiquement que l’horloge ne fonctionnait plus parce quetel engrenage était trop faible ou trop fort, ou parce que tel levier del’échappement était trop court ou trop long.
M. de La Vauguyon n’avait garde de contredire son royal élève, qui devaitun jour monter sur le trône et dispenser les faveurs souveraines; il le com-plimentait sur ses progrès scientifiques et sur sa merveilleuse perspicacité :« Je vois bien maintenant comme vous, lui disait-il, pourquoi cette hor-loge s’arrête. » La vérité est que le bon précepteur ne voyait absolumentrien. Cependant le dauphin triomphait; on se le disait parmi les courtisans,Mesdames de France en étaient informées. On appelait alors l’horlogerordinaire qui, examinant à son tour l’horloge, prouvait quelquefois à Mon-seigneur qu’il s’était parfaitement trompé; mais comme cet horloger, àl’époque dont il s’agit, n’était rien moins que le jeune Carou, qui plus tardse nomma de Beaumarchais , celui-ci savait fort bien adoucir, par ses