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Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
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NOTE 7

LES HORLOGES DE LOUIS XVI

On sait que le roi Louis X\I avait un goût très-prononcé pour la méca-nique en général, et pour lhorlogerie en particulier.

Du vivant de son aïeul Louib XV, il possédait plusieurs petites horlogesquil ne se lassait pas de regarder. 11 en étudiait attentivement les effets,suivait la marche des rouages, et sextasiait sur la parfaite harmonie quilvoyait régner dans lensemble de lœuvre.

Lorsquune sonnerie venait à se déranger, il savait fort bien la remettredaccord avec les heures. Il réussissait aussi très-souvent à trouver la causedun arrêt périodique ou accidentel dans les organes dune horloge ou dunependule, et cétait une grande joie pour lui lorsque, prenant par le brasson précepteur, M. de La Vauguyon , il lentraînait dans son cabinet, illui prouvait mathématiquement que lhorloge ne fonctionnait plus parce quetel engrenage était trop faible ou trop fort, ou parce que tel levier deléchappement était trop court ou trop long.

M. de La Vauguyon navait garde de contredire son royal élève, qui devaitun jour monter sur le trône et dispenser les faveurs souveraines; il le com-plimentait sur ses progrès scientifiques et sur sa merveilleuse perspicacité :« Je vois bien maintenant comme vous, lui disait-il, pourquoi cette hor-loge sarrête. » La vérité est que le bon précepteur ne voyait absolumentrien. Cependant le dauphin triomphait; on se le disait parmi les courtisans,Mesdames de France en étaient informées. On appelait alors lhorlogerordinaire qui, examinant à son tour lhorloge, prouvait quelquefois à Mon-seigneur quil sétait parfaitement trompé; mais comme cet horloger, àlépoque dont il sagit, nétait rien moins que le jeune Carou, qui plus tardse nomma de Beaumarchais , celui-ci savait fort bien adoucir, par ses