DE M AT HÉMAT IQVES. 2J3
à descendre d’une même quantité dans un mêmetemps.
II faut considérer cette force, comme agissant, &agissant également à chaque instant, fur chaque par-tie de la matière. Or il est clair que si chacune desparties d’un corps reçoit la même vitesse, la totaliténe fera mue qu avec la même vitesse que recevroitune feule des parties détachée de la masse; enforteque la vitesse que la pesanteur imprime à une massequelconque , ne dépend point de la grandeur decette masse : elle est la même pour une petite masseque pour une grande. II est vrai, cependant, quenous ne voyons pas tous les corps tomber dunemême hauteur dans le même temps; mais cette dif-férence est l’effet de la résistance de l’air, ainsi quenous le verrons par la fuite : aulîi lorfqu’on laissetomber des corps dans un espace vide d’air, ob-ferve-t-on que des corps très-différens en masse ,tombent néanmoins d’une même hauteur dans lemême temps.
II faut bien distinguer, ici, entre l’effet de la pe-santeur & celui du poids. L’effet de la pesanteur estde faire passer ou de tendre à faire passer dans chaquepartie de la matière une certaine vitesse, qui est ab-solument indépendante du nombre des parties ma-térielles. Mais le poids est égal à l’effort que l’on doit