Band 
Tome troisième.
Seite
313
JPEG-Download
 

Opinions fur les Comètes. 313

» 11 e paroiífent que dans leur chute ; léss comètes ont leurj> route qu’elles parcourent, elles s’éloig;nent, mais ne ces-» sent point d’exister. Vous prétendez que fi c’étoient des» planètes elles se trouveroient dans le zodiaque ; 6c qui» donc a fixé dans le zodiaque les mouvemens des corps„ célestes, qui peut afiìgner ainsi des limites aux ouvrages» divins , le ciel n’est-il pas libre de tous côtés ? N’est - il» pas plus convenable à la grandeur de l’univers d’y admet-» tre plusieurs mouvemens dans des routes différentes, que» de réduire tout à une feule région du ciel ? Dans cet» ouvrage magnifique de la nature nous voyons briller une», multitude d’étoiles qui embéliífent la nuit, elles nous ap-» prennent que le ciel de toutes parts est rempli de corps» célestes, pourquoi faut-il qu’il n’y en ait que cinq à qui» il soit donné de se mouvoir, 6c pourquoi tous les autres» astres doivent-ils être immobiles ? On me demandera» peut-être pourquoi donc il n’y en a que cinq dont on ait» observé le cours; je répondrai qu’il y a beaucoup de» choses dont nous connoiífons l’existence, fans savoir de» quelle manière elles font; nous avons un esprit qui agit» 6c nous dirige, nous ne savons ni ce que c’est, ni com-» ment il agit ; ne nous étonnons pas que l’on ignore en-» core la loi du mouvement des comètes dont le spectale» est si rare , qu’on ne connoiíse ni le commencement ni la» fin de ces astres qui descendent d’une énorme distance ; il» n’y a pas encore ijooans que la Grece a compté les» étoiles 6c leur a donné des noms : il y a encore bien des» nations qui n’ont que la simple vue ôc le spectacle du» ciel, sans savoir seulement pourquoi ils voient la lune» s’éclipser ; il n’y a pas bien long-temps que nous le savons» d’une manière certaine ; le jour viendra , que par une Prédiction» étude de plusieurs siècles les choses qui font cachées Séneque.» actuellement paroîtront avec évidence. Ce seroit peu» d’un siècle pour découvrir tant de choses, quand même» on y donneroit tout son temps ; ôc nous partageons le peu» de momens qui nous font accordés, en donnant aux vices» la plus grande partie... On étudie quand on manque de» spectacles ou quand la pluie empêche les promenades ;

Tome III. R r