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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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24 Traité de la Noblesse »

D’où vient que Cassiodôre donnant à ce riche métal le nom de son Père » l'apelleSoleil da la terre. Ainsi de quelque mère que les enfans naissent, ils sont toûjoursl’ouvrage & la possession du père : ils font la durée de fa Race & de son sang : ils- • sont préférés aux filles pour le droit de primogéniiure, & pour le port du nom &des pleines armes.

Il est aussi certain que dans Tordre civil, la gloire des familles réside en la person-ne des mâles. Il n’y a qiTeux qui portent le nom & les armes de leur Maison ; & sile sang conserve les familles dans la nature , le nom & les armes les conservent dansle monde.

C’est pourquoi le Docteur Balde assure que c’est dans le nom & les armes des No-bles , que réside la principale mémoire d’une Maison , & la splendeur d’une Race.In armis cfr nomme Nob'dium rem an; t principalis domús memorìa & splendor genitur ct ,ra L i. Cod. pro socio.

Voici les propres termes d’une preuve de cette vérité, tirée d’un registre desplaidoiries du Parlement de Tannée 1383. qui m’a été communiqué par Mr. d’Hé-rouval.

29. V éccmbre. Entre Aícjsire Florimond de Brimeau Chevalier d; une part, & leSieur de Brimeu d'autre part . Florimond dit que les armes compétent d cause du li-gnage , non pas a cause des Terres & Seigneuries , dit que les femmes n ont aucunesarmes ; mais portent la moitié des armes de Leurs lignages , & Vautre moitié des armesde leurs maris , en signe, non pas que ce soient armes ; & dit que les dignités compé-tent aux enfans a eau je des pères , non pas a cause dfs femmes.

Les Hébreux apelloient leurs petits-fils leurs enfans, ne considérant pas seulementleurs propres fils.

Et Ovide ne dit pas fans raison »

.Metara, Inque futuri

Temporis œtatem , venturorumque nepertumProspiciet prokm, santlàque è conjuge natamTerre smul nomenque suum, curasque jubebit ».

Virgile represente un Ayeul qui dit aux Dieux ,

Fit pat rit » servate domutn, fèrvate nepotem,.

L t une Ayeule qui dit à Jupiter »

Liceat dimittere ab armis

Incolumen y.ífeanium , liceatque juperejfe nepotem'.

Tant il est vrai que T immortalité de notre Ame, fait que les pc-res désirent aussicelle de leur Race ; que plus l’amour naturel décend, plus il croît ; qu’un père croîtrevivre en la personne de son fils ; mais qu’il croit s’immortaliser en fes petits-fils &en fes arriére-petits-fils, qu’il aime extrêmement, comme ceux qui doivent pluscontribuer à cette longue durée de fa Maison.

Si suivant T opinion de quelques Philosophes, les choses pesantes redoublent leurimpétuosité à mesure qu’elles descendent, parce qu’eUes aprochent plus près ducentre où elles aspirent d’arriver ; je puis dire qu’il en est de même de l’amour desAyeuls : plus il descend» plus il s’augmente , parce que cette longue fuite de neveuxles aproche plus près de cette immortalité qu’ils souhaitent, & leur sang en est ren-du plus noble. Mais cette postérité ne fe raporte point au lignage maternel j le pèredont elle descend, en reçoit seul & la gloire & l’honneur.

C’çst aussi le père qui donne la qualité aux enfans, & non pas la mère : car fa nai£>