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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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48 Traité de U Noblesse ,

Le fies ne sc conférait pas seulement en faisant un Noble ou Ecuyer Ï mais eftco-re lors au’on créoit un Chevalier. II y en a un exemple signalé dans un Registrecote' z z 6 . numéro 107. qui m’a été communiqué par Monsieur d’Hérouval : Ilcontient que Charles II. Roi de Jérusalem & de Sicile, Duc de la fouille, Princede Capoue, Comte de Provence & de Forcalquicr, donna à Guillaume de BarachioChevalier Seigneur de Mélancquo , & à sa postérité pour toujours, en saveur de sanouvelle Chevalerie, les Seigneuries de Biarassto , de Thoardo, de Mélancquo &de Saint-Etienne , au Bailliage de Digne en Provence. Les Lettres en font donnéesà Mérole 24. jour de Février le 7. de l’indiction , & de ses Royaumes l’an 2.oindras M. Tiraqueau dit que ces dignités féodales anoblissent seulement le possesseur ,Tnaqucl. m pendant qu’il les possède , & qu’en étant destitué , il perd l’éclat de cette No-l bUn ' de,! °~ > stìst est réelle & non personnelle ; c’est-à-dire , qui est attachée au fies : ce

j.ica. Ca- sttie Carondas met en doute.

run.au Li-• L'usage d’anoblir par les fiefs, a été pratiqué en Angleterre , austì-bien qu’en\ix i.de ses France. Nicolas Upton Anglois, parlant du fief lige , & de la maniéré d’anobliranciennement , dit que le Roi d’Angleterre anoblissant quelqu’un , l’investissoitd’un fief; qu’il avoit coutume de donner une livrée à celui qu’il honorait de cetteprérogative , & que cette livrée étoit un collier composé des lettres S-S. d’or &argent. Il ajoute qu’autrefois le Roi de France , lors qu’il anoblissoit un de sesSujets par un fief, lui donnoit pour signe ou livrée de Noblesse, un collier fait defeuilles de genêt d’or & d’argent : Que le Roi de Chypre annoblissant de la forte,donnoit ordinairement un glaive d’òr & d’argent : Que le Roi des Romains don-noit un serpent , du dos duquel sortoit une croix pâtée , & storencée d’or & d’ar-gent : Que le Roi d’Lcosse avoit austì coutume de donner avec le titre de Nobles-se , un collier fait de gormettes ou freins de cheval, d’or & d’argent ; Et que lesautres Rois en ufoient de même , en conférant la Noblesse avec l’investiture d’unfief.

Le Roi de Hongrie ne faifoit jamais de Nobles, qu’en donnant des fiefs & laCroix de Hongrie. D’où vient qu’en ce pays l’anobli étoit apellé imposfejfionatushomo. Et Stumps en son Histoire de Suisse m’aprend que les Abbés de Saint Gaien Allemagne , ont fait beaucoup de Nobles en Turgaw , donnant des fiefs à desBourgeois & à des paysans.

Le Gentilhomme qui étoit en un Champ, étoit distingué du commun peuple parses Livrées, par son Etendart, & par sa Tunique : Et ces Livrées faisoient aussiconnoître les Nobles feudataites & vassaux , parce qu’ils portoient la livrée du Prin-ce op Seigneur , dont ils étoient feudataites & hommes liges.

L’Ordonnance de Blois du Roi Henri III. art. 258. semble décider la question,fi les fiefs anoblissent ou non ; disant, que les Roturiers & non Nobles achetansdes fiefs Nobles, ne font pour cela anoblis ni mis au rang & degré des Nobles, dequelque revenu & valeur que soient les fiefs qu’ils ont acquis. En esset, si cettemaxime avoit lieu , il arriverait que les Roturiers par l’achat des fiefs pourraient s’a-noblir d’eux-mêmes fans la grâce du Prince ; & que la Noblesse seroit acquise indi-rectement ; ce qui est impossible.

Jean Baquet déférant à la même Ordonnance, assure dans le titre du droit d'Ano-blissement , chapitre 20. que les Duchés, les Marquisats , les Comtés, les Baron-nies, n’anoblissent point. U met toutefois une exception , que le Roi ayant don-né ces dignités pour récompense de services & de mérites, à un Roturier, ellesconfèrent la Noblesse.

Bertrand Monsieur d’Argentré est pareillement d’avis, que les fiefs n’anoblissent point »

AArgentré sinon lorsque le Roi sçachant la condition des possesseurs, il les reçoit à lui rendreíseigr. sarde 1 foi#