11 6 Traité de la Noblesse ,
dans le tems que nous avons été'Intendant de fustice , Police & Finances , en"Langue<°doc , nous avons eu la commission de travailler a la vérification de la Noblesse des Capi-touls de Toulouse , en vertu des Privilèges qui leur ont été accordés par les Rois prédé-cesseurs de Sa Alajefie, Q" dans lesquels elle a bien voulu avoir la bonté de les maintenir ;fans que nous ayons entendu faire de difìintlion des enfans des Capitouls , soit qu'ils fufi-Jcnt nés avant ou âpres le Capitoulat , pourvû que les pères ne fiassent aucun aile de dé-roge ance. Fait a Paris le io. fanvier 1678. Signé, Bazin.
Mais dans la derniere recherche des Nobles, qui commença l’an 1 666. il a etcrégie que le privilège ne s’étendoit plus que fur les enfans qui font nés depuis sélec-tion duCapitoul, fans avoir égard à la clause ordinaire des Chartres d'anoblillement,qui est d’anoblir les enfans nés & à naître.
Ces privilèges font raportés par Benedictus ad caput Raynutius , in verbo & uxo-rem , Decif. 5. num. 108. ef a numéro 495. ad num. 519. Le Roi Henri IV. lesconfirma en Septembre 1609. vérifié au Parlement de Toulouse le 3. Décembre.
Cette opinion, que Louis XI. accorda la qualité de Noble aux Capitouls de Tou-louse , est de seau Chenu Avocat au Parlement, 8 c quelques-uns croient que c’estla plus probable : mais M. de la Faille , ancien Capitoul & Syndic de cette Ville,fait remonter leur Nobleíle jusques au tems des Comtes de Toulouse , & même desRomains, dont elle étoit une Colonie. Il y a, dit-il, peu de Villes dans l’Europequi aient conservé , comme celle de Toulouse a fait, durant tant de siécles, la qua-lité de Ville Capitale. En effet, avant que de passer fous la domination des Romains,elle régnoit fur une grande étendue de Pays, ce fut d’elle que sortirent ces fameuxTectofiges qui conquirent l’Asie.
Etant soumise aux Romains, il est vrai qu’elle perdit fa dignité de Ville Capita-le , mais elle conserva fa liberté.; ce qui íè prouve par le quatrième Livre des Com-mentaires de César , où cet Empereur dit qu’il s’étoit servi des Toulousains quicroient de très-vaillans hommes : car il n’.y avoit alors que les peuples d’Italie , lesAlliés, & les Villes ou Cités libres qui cuisent droit de milice parmi les Romains,c’est-à-dire , à qui il fût permis de porter les armes dans leurs Troupes, comme l’aremarqué Sigonius de Ant. jur. Ital. lib. 1. cap. 16.
Dans le déclin de l’Empire Romain, les Gots ayant contraint l’Empereur Hono-rius de leur céder une grande partie des Gaules, ce fut dans Toulouse que cetteNation belliqueuse établit le Siège de ce nouveau Royaume , le premier qui se for-ma du débris de cet Empire. Les François ayant chassé les Gots, le Roi Dagobcrt.dans la première race de nos Rois , & l’Empereur Charlemagne dans la seconde,érigèrent l’Aquitaine en titre de Royaume , l’un en faveur de son frère Aribert, &l’autre de son fils Louis ; & cette Ville fut choisie pour Capitale de ces deux Royau-mes. 'Après ces Rois , les Comtes de Toulouse ayant fait un Etat héréditaire de cequi n’étoit auparavant qu’un simple Gouvernement, elle fut aussi le Chef de cettenouvelle Principauté. C’est ainsi que cette grande Ville , depuis les Romains, a étéen divers tems la Capitale de quatre différer.s Etats : ■& comme si la dignité ne lapouvoit quitter , elle fe trouve encore à présent le Siège d’un grand Parlement quiest le second de ce Royaume.
Pendant que cette Ville fut fous la puissance des Romains , il est constant par letémoignage de Ptolomée dans fa Géographie , qu’ils y établirent une de leurs Co-lonies ; ce qui est confirmé par une ancienne Médaille , repreíèntée par Hubertus■Goltíius , dans son Trésor des Antiquités, au tour de laquelle est écrit Tolofa Colo-jíia. Ajoutez à cela son Amphithéâtre & son ancien Caprtoîe , qui font des mar-ques certaines d’une Colonie Romaine.
Les Romains qui n’avoient d'estime que pour leur Ville, tâchoient de faire autant