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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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de ornes qu’ils établissoient de Colonies dans les Provinces ; c’est pourquoi Aulu- cib.iô.c.i 3Gelle apelle ces.Colonies des images en petit du Peuple Romain, Popult Romani quasitffigies parv* On y voyoit une même forme de Gouvernement, & de mêmes Ma-gistrats ; il y avoit non-feulement des Consuls, des Censeurs & des Préteurs ; maisencore une maniéré de Sénat, qui dégénéra en ce corps de Décurions, dont parlentles Livres du Droit Civil.

Us ctoient si portés à cette imitation , que non contens de donnera leurs Magis-trats une pareille autorité que Rome donnoit aux siens , ils leur donnoient aussi les 1. Strm. 5.mêmes marques d’honneur, comme de porter la Robe Prétexte, & le Latum Clavum>dont parle le Poète Horace dans une de ses Satyres.

Mais ce qu'il y a de plus remarquable, est que comme durant l’Etat de la Répu-blique, & fous les premiers Empereurs , 1 e Peuple Romain ne connoissoit point d’au-tre forte de Noblesse que celle qui provenoit de l’exercice des plus grandes Chargesde Rome, d’où naquit ce droit d’Images qui consistoit à pouvoir étaler dans lesPortiques de leurs Maisons les Images de ceux de leurs Prédécesseurs qui avoientexercé ces Charges ; de-là vint que ces Romains qui habitoient des Colonies , pourse conformer entièrement à cette premiere Ville leur Patrie , ne réputérent Noblesque ceux d’entre leurs Citoyens qu’ils avoient honorés des premières dignités deleur Colonie : une preuve bien forte de cela , est que, comme a remarqué le docteLoyseau dans son Livre des Ordres , & comme il résulte de plusieurs Textes duDroit, les Décurions dont je viens de parler , fe maintinrent Nobles, même dansleur plus grand déclin..

On ne peut douter que les Capitouls de Toulouse ne descendent des anciens Con-suls de leur Ville , pendant qu’elle fut Colonie. • Le seul nom de Capitoul sait assezconnoître leur origine ; car on ne doit pas douter que ce nom ne leur soit venu de Liv. i. c.*,la garde de l’ancien Capitule de cette Ville , comme l’a observé Monsieur Catel dansses Mémoires de l’Histoire de Languedoc. Ce n'est pas que dans plusieurs Actesanciens , ils ne prennent aussi la qualité de Consuls : Mais il est vrausemblable quepour fe distinguer des autres Magistrats populaires, ils préférèrent d’être nommésCapitouls, & qu’ainsi ce nom leur est demeuré.

11 leur reste encore une preuve & une marque bien honorable de cette descendanceRomaine de. leur Noblesse , qui est ce droit d’Images particulier aux Nobles Ro-mains , dont ces Magistrats fe conservent la posteffion, ainsi que l’a remarqué Mon-sieur. Catel.

Ce sçavant Auteur recherchant dans ses Mémoires en quel quartier de Toulouse Liv.L. c. A-peut avoir été son Capitole , dit qu’il y a apparence que c’étoit auprès de l’Eglisede saint Quentin ; se sondant principalement sur ce que de son tems en abbattant unvieux mur qui. étoirjoignant cette Eglise , l’on y découvrit de vieilles peintures deCapitouls : ce qui fait voir combien l’usage de ce droit d’Images est ancien parmieux. 11 y a encore maintenant dans l’Hôtel de cette Ville des Registres où fontpeints les Portraits de tous les Capitouls qui ont été depuis quatre siécles , avecleurs armes, qui sont des marques de Noblesse. . C'est une chose bien remarquable,que lors qu’il est arrivé à des Capitouls de tomber dans des crimes infamans, la Jus-tice les a privés de ce droit d’Images, < 3 ra fait effacer leurs peintures, de même qu’onabbattoit anciennement à Rome les Statues des Nobles après leur condamnation.

Sous les Comtes de Toulouse , ces Magistrats ne se maintinrent pas feulement”dans leur première autorité, mais y ajoutèrent un nouveau lustre.

Caseneuve a très-bien remarqué dans le Traité du Franc-Àleu , qu’il ne saut pas Lîconsidérer les Capitouls fous les Comtes , comme de simples Magistrats Munici-paux , mais plutôt comme le Conseil de ces. Princes& par conséquent comme.