Jc tiens ce-la de Mqu-lieur l’Evê-que deMontau-ban , & deMr. BoyerSindic de laProvince.
DinsleRe-gnlre in 4.qui con-tient diver-se; Chartresde Comtes& plusieursRégìemensdes Capi-toul: de cetems-là.
VoI.-i.c.ii.
Ce Duc é-toit Jeansiìs del-'ran-. ce , qui fut
12 S Tr dite de id Noblesse ,
l’ancien Sénat de la Province du Languedoc ; que c’est pour cela qtië Nicolas Ber«itrand les apelíe Confil'mm lingux Occitanx : d’où. vient,dit le même Caseneuve, qu’a-près mcme la réunion du Comté à la Couronne , ils stipulèrent dans l'Acte du Ser-ment que fit entre leurs mains le Roi Louis IX. la conservation des Privilèges, non-seulement de la Ville de Toulouse, mais de tout l’ancien Comté. Joignez à cela laqualité de Chef du Pays de Languedoc , que donnent au Capitoul les anciens Re-gistres des Etats de cette Province, dans l’un desquels se lisent ces mots : Attendu qutle Capitoul Chef du présent Pays n efi arrivé, il fera farcis d la tenue des Etats.
En effet, il est très-constant, & les Registres de l’Hôtel de Ville, qui commen-cent dès les derniers Comtes, en font foi, que les Capitouls rendoient la Justice auxsujets de ces Princes : qu’ils étoient les Gouverneurs de la Ville : que c’étoit entreleurs mains que les Comtes prétoient Serment de garder les Privilèges de cette Ville;d’où vient la possession ou ils font de recevoir un semblable Serment de nos Rois ,comme successeurs des Comtes à leur premiere entrée dans Toulouse : En un mot,il est très-évident, par l’idée que ces mêmes Registres nous donnent des Capitoulsde ce tems-là , qu’ils sormoient une espèce de Magistrature dans les Etats du Comte.Et pour une preuve autentique de cette vérité , il y a un Jugement rendu par lesCapitouls en 1198. fur un différent qui étoit devant eux entre le Comte Raymond,& le Prieur de la Daurade , lequel prétendoit la faculté de tenir des Moulins fur laGaronne ; le Comte prétendant au contraire que toute l’eau de cette Rivière luiapartenoit en qualité de Seigneur : & il est remarquable qu’en cette instance le Vi-guier qui étoit le Juge ordinaire des Comtes, paroiífoit devant les Capitouls pour leComte, & comme son Procureur ; ce qui fait voir clairement que les Capitouls n’é-toient pas seulement les premiers Magistrats du Comte , mais que le Comte mêmeplaidoit devant eux pour ses intétêts & pour ceux de son Comté , de la même ma-nière que le Roi plaide aujourd’hui dans ses Parlemens. Et pour montrer davantagecette conformité de la Jurisdiction des Capitouls avec celle des Parlemens, C’est quecomme nos anciens Rois ont donné aux Chefs de ces Compagnies, leurs vétemensRoyaux ; ainsi les Comtes donnèrent les leurs aux Capitouls, qui sont les mêmesqu’ils portent encore aujourd’hui aux jours de cérémonie , & dans les principalesfonctions de leur Charge.
Le Comté de Toulouse , après la mort du dernier Comte Alphonse & de Jeannede Toulouse son épouse , fut réuni à la Couronne ; & le Roi saint Louis s’obligeaauparavant par une manière de Contrat à conserver à ce Comté tous ses droits & sesprivilèges. Ainsi ce nouveau changement ne diminua point l’autorité des Capitouls;au contraire ils y trouvèrent des occasions pour accroître leur dignité , & se faire denouveaux Titres pour raffermissement de leur ancienne Noblesse.
Après cette réunion parurent les sanglantes guerres excitées contre les Anglois :.comme ils étoient maîtres de la Guyenne , Toulouse pour être située entre cettegrande Province & le Languedoc , devint une Frontière très-importante ; & cettesituation la mettant dans. 1 la nécessité d’une continuelle défense contre ce puissantennemi, la rendit en peu de tems une des plus guerrières Villes de France. L’His-toire fait soi , que ceux de Toulouse , non contens de défendre leurs murailles, al-loient porter la guerre dans la Guyenne , & fur les propres terres des ennemis, parles Troupes qu’ils mettoient fur pied , & les secours considérables qu’ils envoyoientaux Armées de nos Rois.
Froissart dans son Histoire , écrivant comme le Duc de Normandie assiégea laVille d’Eguiilon fur les Anglois avec cent mille hommes., dit que les Toulousainseurent ordre d'ajfqillir la Place des premiers : il dit au même endroit, que ce mcmeBue envoya quérir à Toulouse huit des plus grands engins qui ctoient dans cette Fille ;
ce