174 Traité de la Noblesse ,
Celui qui doit être sait Grand, se présentant découvert au Roi, Sa Majesté luidit, Cubrid-os , & ensuite il se couvre. A la seconde Audience , on lui donne ledegré qu’il doit tenir. Et si d’abord on lui dit lez mêmes paroles , Couvrez,-vous,c’eít une marque qu’il a un rang au-dessus de ceux à qui le Roi ne dit point ces pa-roles , q u'après les avoir laissés quelque-tems découverts.
Les moindres font ceux qui ne font que Titulaires.
Les Grands d’Espagne sont astis dans la Chapelle Royale , par Ordonnance deCharles V. Empereur & I. du nom Roi d’Espagne de l’an 1545.
Barnabas de Moréno de Vargas de la Nobles,t. dis. 13 .num. 10. dit que ces Grandsse couvrent, & ont le privilège d’être assis.
Les filles succèdent aux terres qui ont le titre de Grandeur.
CHAPITRE LUI.
T>e la Noblesse des Baillis & des Sénéchaux , & de celle des Conseillers- & Chevaliers:
d'homettr de Bourgogne.
Ordonnan- T A Charge de Bailli ou de Sénéchal a toujours été en si grande considération ìce ^ es , qu’elle ne doit être éxercée que par des Gentilshommes de nom & d’armes »
kans du^ r ^ vient que suivant les Ordonnances on doit s’insormer de leur Noblesse , avantmois de ( l ue de ' es recevoir en ces Charges. Quelques Auteurs mettent le tems de leur créa-Janvier tien fous le régne de Philippes Auguste, lors qu’il alla à la Terre-Sainte , & disentr 560. art. que par son Testament il donna la garde de ses Pays 8 c Etats aux Baillis , & qu’ilsm c . e!,e dévoient tenir les Assises en toutes les Villes de leur ressort, pour rendre la Justice »psss e & entendre les plaintes des Peuples.
7 ^66. art. Etienne Pasquier Avocat Général à la Chambre des Comptes, dit en ses Rechcr-2r. celleches, que Bailli signifie baillé. Cette étymologie n’est pas aprouvée par Ragueau:de Blois de £ t Bodin en parle de la forte , Bailìivos cuslodes vacant. D’autres font de ce fenti-í^ 79 >6 an & ment » t] ue Bailli vient de bailler , parce qu’ils étoient envoyés & baillés aux Pro-2^ " 4 vinces par nos Rois, pour y faire administrer la Justice ; ou bien que Bailli signi-kspub’.icA fie Conservateur 8 c Gardien du peuple.lib. 3. Le terme de Sénéchal est tiré des Anglois, suivant la remarque de Jean Chenu ;
Recueil des A c’est un mor corrompu , moitié Latin êc moitié François.
g emens, Q. uo j ^u'il en soit, il est certain que les Baillis 8 c les Sénéchaux étoient envoyésdans les Provinces pour voir si les Ducs & les Comtes administroient bien la Justice.Les plus anciens qui se trouvent entre ce' Officiers font les Baillis de Vermandois,de Sens, de Mascon , & de Saint-Pierre le Moûtier.
Le pouvoir de ces Officiers éroit fur les Armes, fur la Justice , & fur les Finan-ces : On les apelle des Nobles fans Lettres, & des Officiers fans Edit. Avant celuidu Roi François I. de l’an 1532. ils nommoient aux Charges de leurs LieutenansGénéraux & Particuliers , 8 c autres inférieurs de leur ressort , comme de Greffiers,de Notaires , 8 c de Sergens. Ce que faifoient aussi les Prévôts, Vicomtes & Vi-guiers, leurs subalternes. Les uns 8 c les autres de ces Officiers faifoient la receptedu Domaine , administroient la Police, aux lieux oh il n’y avoit point de Maire, &a-voient l’attribution des Forêts, fous le Souverain Maître des Eaux 8 c Forêts. LesBaillis & Sénéchaux prennent le foin d’assembler le Ban & Arriére-ban ; mais ils nerendent plus la Justice , que par leurs Lieutenans. Voici comme Pasquier en parle :.Anciennement les Gentilshommes Bailtis &• Sénéchaux administroient la suflice sansLieutenans de robe longue. Advint tjue Messire Godemar de Fay Bailli de Chaumont Ó“de Vitry se trouvant n être capable d'exercer cette Charge , il fut ordonné par la. Cham-
t:t. 310.