(A" de ses diffèrent es espèces. 175
ire des Comptes qu'il s'en démettrait. Nous aprenons des Registres de cette Cham-bre que Jean de Thiboutot Chevalier Sénéchal d’Aquitaine, & en même teins Pré-sident en l’Efchiquier de Normandie C par commission ) rendoit la Justice en l’une& en l’autre Province.
Depuis long-tems, ce font les Lieutenans, Sc. non les Baillis Sc les Sénéchaux ,qui exercent la Justice ; parce qu’ordinaircment ils ne font point Gradués. Et audésir de l'Ordonnance d’Orleans de l’an 1560. art. 48. §. 71. de celle de Moulinsde 15 66. art. zi. celle de Saint-Germain en Laye du 12. Août 1570. de celle deBlois de 1579. art. 163. & conformément aux cahiers des Remontrances faites auRoi Louis XIII. par les Etats Généraux tenus à Paris en 1614. & 161 LesBaillis & les Sénéchaux dévoient ctre de robe courte , Gentilshommes Sc personnesNobles, suffisantes & capables. C’est pour cette raison que k Roi Charles IX.écrivit au Parlement pour la réception de Jacques de Monthiers Seigneur de Bolc-roger , en l’Office de Bailli de Mantes Sc de Meulant, pour l’éxercer en robe lon-gue, dont il y eut Arrêt-du 8. Août 1562.
Par íOrdonnance du Roi François 1 . faite ait Pont de IVeuilly en Aíars 1518. lesSentences , Appointement, Commissions , Provisions , & autres Ailes de Jufiìcc , don-nés gf expédiés par le Bailli de Four aine , Or ses successeurs Baillis , Jeront nommés & in-titulés au commencement d’iceux , (f non de leurs Lieutenans , qui pouvoìent y ctrecompris d la fin. Un pareil Règlement fut fait par la Déclaration du Roi Henri II.de l’an 1551* pour la Province de Normandie. Il étoit auffi enjoint aux Lieutenansde fe dire toujours Lieutenans des Baillis & des Sénéchaux dans leurs Sentences, dedéfendu aux Greffiers à peine de faux & d’interdiction de les intituler Lieutenansaux Bailliages & Sénéchaussées par maniéré d’indépendance. Cela fut auffi réglé parArrêt du Conseil d'Etat, le Roi François I. y présidant, donné Pan 1528. à l’inf-tance de Messire Jean d’Estouteville Seigneur de Villebon, Chevalier de l’Ordrede Sa Majesté , 8 c Bailli de Rouen , contre Maître Jacques de Brévédent son Lieu-tenant Général.
Cependant quoique les Ordonnances destinent aux Nobles les Offices de Bailli 8 cde Sénéchal, 8 c que ces Charges aient été possédées par les plus Grands du Royau-me, & par les Princes mêmes, on voit que plusieurs anciens Baillis & Sénéchauxn’étoient pas Nobles, & qu’ils ont été anoblis depuis leur entrée dans cette Charge.
En voici des exemples tirés des Registres de la Chambre des Comptes.
Jean de Marigny Evêque de Beauvais, Lieutenant du Roi Philippes de Valois enRegist. 77.Languedoc, anoblit Hugues Castraingde Campagnet Sénéchal de Rhodez, 8 c toutefa postérité , par Lettres données à Agen au mois de Septembre 1344.
Le Roi Philippes de Valois anoblit Jean Bigot, auparavant reçû en la Charge d? Regisì. ~í.Bailli de Touraine, avec fa postérité née & à naître , & leur permettoit de recevoirl’Ordre ou état de Chevalerie , fans contredit. Les Lettres en furent expédiées aumois de Février l’an r 347.
Dimanche de Chaftillon Bailli de Sens fut auffi anobli, 8 c fa postérité, par Lettres ibìd.de la même année, avec permission de prendre la Chevalerie.
Le Roi Jean anoblit en Février 1358. Messire Pierre de Neuville Bailli de Rouen; Régis. 83.auparavant qualifié Maître aux Arts , faisant la Charge de Recteur en l’Univeriiréde Paris, & il avoit reçû & pris Pétât de Chevalerie & de Mariage. Ce font lestermes de ces Lettres d’anoblissement.
Ainsi l’on admet dans ces Charges & des Gentilshommes 8 c des Gradués.
II est à remarquer que dans les Parlemens, & les Chambres des Cc mptes de Dijon8 c de Dole en Bourgogne, il y a des Charges des Conseillers 8 c Chevaliers d’hon-neur affectées aux Nobles ; & que pour y parvenir , il faut faire preuve d’ancienne
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