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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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(êfr de fis dìjfierentes espèces.

Du sems des Romains, pour montrer son extraction, l’on avoit les actes, publicsausquels on ajoûtoit foi : ils étoient dans les registres, où les pères & les mères fai-soient employer la naissance de leurs enfans. Denis d’Halicarnasse dit que Servius- 4 »Tullius en fut le premier Auteur : cet usage sut depuis renouvelle par Auguste , &

Suétone voulant trouver le tems de la naissance de Tibère , eut recours aux actes pu-blics : Natus , dit-il, Tiberius Roma pofl bellum Philippense Aíarco vAdmtiìo Lepida

Aduratio Planco Confultbus, fîc œnìm in soft o s attaque publica relatum ejl.

Le même Suétone parlant de Caligula fur la controverse du lieu de fa naissance^dit, Ergo in Attìs Antii ipfum invenio editttm.

Ainsi, voit on dans Juvénal, Satire 9.

Tk~ Ubris Attorum fpargere gaudes

Argumenta viri. ..

‘Apulée dit : Pater natum Jìbi filittm , caterorum more apud atta profejfus efi.

Les Loix contiennent que , Adater gravida , répudiât a , fdìum enixa absente ma- Scavola in.trito , ut fpurìum in attìs professa cjì. , l.lmperata -

Cette Coutume a été trouvée si juste & si utile, que nos Rois en ont fait des rcs z 9 - )f*Loix. François I. dans les Ordonnances de Villiers-Costrets art. 5 r. & Henri III.en l’Ordonnance de Blois art. 181. veulent que pour la preuve des naissances, on 'ait recours aux Registres des Baptêmes , & que ces actes fassent pleine foi.

II sc fait une autre preuve par la filiation , qui s’établit fur des titres & enseigne-mens : Sifìlium mettm se ejse sudki probaverithares mihi ejio. Celle-ci est spé-cialement fondée sur les Contrats de mariage.

Une autre preuve sc fait par la voye des Testamens ; Si Pater instituit fiítttm ha- ci 0 [f a gvedem nominans eum filium , ex hoc filiatio prafumitur , ita ut neganti , ornes probandi r,on Epifl.contrarìum incumbat ; ensorte que si le testament du père déclare la filiation, il rejette & l. noxla preuve du contraire fur celui qui la nie. ""à Co ^i

Mais une des plus autentiques preuves de la Noblesse , sc fait par l’ancienneté 8 ch régularité des Armoires. Elles se raportent aux Images que les Romains gardoient 4fort religieusement, dit Sénéque , à l’entrée de leurs logis en un lieu destiné pourcela, & ils les faisoient porter aux funérailles de leurs pères, de leurs mères, de leurspaïens & alliés. Juvénal en parle, quand il dit ;

Ou t d prodeji, Pontice , longo

Sanguine cenferi , pittosque oflendere vultus.

Un autre remede sc trouve en la preuve qui sc fait par la renommée 8 c le bruitcommun , lorsque l’on tire sa Noblesse de fort loin, soit in multitudine Imaginum ,comme dit Pline , ou par le grand nombre des quartiers d’alliance , scion l’ulage d’à,présent ; soit en sc faisant descendre du Sang des Héros.

Genus ab Jove fummo.

C’est ainsi que les Courtisans d’Alexandre, disoient qu’il étoit fils de JupiterAmmon. Mithridates Roi de Pont, maintint l’autorité de son Sceptre en faisant le 38.dénombrement de ses Ayeux dans fa harangue à son Armée & à son peuple. Car ilmontra par degrés l’origine de fa race , prise de Cyrus & de Darius Rois de Perse ,du côté paternel ; & d’Alexandre du côté maternel. Jules César faisoit voir en sapersonne genus patcrnum cum D Us immortalibus ejse conjunttum . Auguste en fit au-tant à l’entrée de son Empire, se disant être descendu d’Enée. Auíïì Ausone, in gratia-rum attione , dit très-bien : Deduttum ab Heroïbus genus ad Deorum flemma rcplicant.

Moins l’origine & la source en paroît, plus elle est belle, comme l’on dit de ce fleuve

Egypte tant renommé. ■ ' C c ij