i34 T ra ' !t ? de 'Noblesse ,
1 on Pîìíîoí- vìnces , avoîent des Hôre!s dans les Villes de leur voisinage , spécialement dans lesre. Capitales de leurs pays, pour y habiter lors qu’ils vouloient quitter la solitude des
Champs , & que les assures publiques & particulières les y apelloient. Amlì ,comme remarque Mr. Tiraqueau , ils avoîent coutume autrefois d’avoir deux do-miciles, l’un d’Eté & l'autre d’Hiver , pour éviter Tincommodité de cette der-niere saison : ce qui s’aprend de Balde fur le Chapitre Dileélus de referiptis ; 3 c sorla Loi i. §. asiate ff. de aqua. Même il dit qu’une personne Noble peut avoirquatre domiciles à proportion des quatre saisons de Tannée. Nam quisquis Nobilispotes} habere quatuor domicilia fiecundum quatuor ami tempora, argumenta le gis ^ ff.deacquircnda poffejfione. &
CHAPITRE L X X X.
Oueg T intérêt des peuples ejl d'avoir des Seigneurs Nobles . Et fi la gloire d’un
pays rend les habitans Nobles.
L Es peuples préfèrent un Seigneur Noble à un non-Noble. Bienheureuse est laTerre, dit TEccles. dont le Roi est Noble , Beat a terra cujus Rex No~tCap. io. bdis e fi-
C’est l’opinion d’Andréas Iférus, de Jacobus Alvarus, & du Cardinal Alexan-der in cap. i. §. ex eodem , tit. de lege Cornelia lib. z. cap. 25. qui estiment tous ,que fiubditorum interefl habere Dominos Nobilcs potiìts quam ignobiles Çr plebeios , Ghpotenttores quarn inferiores.
L’on peut raporter à ce propos l’Histoire qui est dans Hérodote , lib. z. d’Ama-lis lloi d’Egypte , qui se voyant méprisé de ses Sujets , qu'od plebeius fuiffet, necinfigni familià ortus , fut contraint de convertir une cuve d’or en simulacre , pourles obliger à l’adorer , 3 c par ce moyen à le reconnoître pour Roi, en oubliant fapremière condition.
La gloire d’un pays ne contribue pas peu à la Noblesse sc à Thorineur des hom-mes , comme il se peut recueillir de la Loi , fi qui s Cod. de natural. liber.
II est vrai néanmoins que le lieu n’anoblit pas T homme , mais Thomme anoblit lelieu , Locus hominem non nobilitat, fied homo locum.
CHAPITRE L X X X I.
Si les richesses anoblissent : Et fi la Noblesse qui vient de la naissance , fie peut
perdre par la pauverté.
T L est vrai qu’il n’y a rien qui soutienne tant la Noblesse que les richesses : aussi* Mr. H ay du Chârelet en ses Maximes politiques, remarque que la pauvreté faitordinairement déroger à la Noblesse.
Anst Ub 5. Solon par les Loix qu’il établit, vouloir que les Magistrats sussent pris du nom-polittc. c. bre des Nobles & des riches, ' Adagislrarus omnes confiituit de Nobilibus & locupleti-10. & iHn- bus , qui est l’avis d’Aristote & de Plutarque.
tare. m vi- ji f aut: t s oric que la fortune domestique réponde à la splendeur de la dignité ; carta Soloms. pauverté diminue Tautorité A,la puissance. C'est pourquoi Sénéque lib. z. de.beneficiis , dit, Senatorum gradum , cenfius afeendere facit, cenfìus Romanum Equi-tem a plebe dificernit. Les revenus faisoient discerner le Sénateur & le Chevalierd’avec le peuple ; le revenu des Sénateurs étoit premièrement de quatre-vingts milleSesterces; Auguste le doubla : celui des Chevaliers étoit de quarante mille Sester-ces , comme raportç Suétone ; ce qu’Horace exprime ainsi ;