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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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& de p s différentes efféces.CHAPITRE XC.

Le h Noblesse des femmes, c 5 * qu elles /’ acquièrent en trois manier

2 - '■ 9

es.

L Es femmes deviennent Nobles, ou par naissance, ou par mariage, ou par créa-tion.

Celles qui le sont par naissance, descendent de pères Nobles, ou héritent de di-gnités qui viennent aux filles faute d’hoirs mâles. Cela est en usage en Angleter-re , au dire de Monsieur Chamberlain.

Toutes les femmes non.Nobles qui sc marient à des Gentilshommes, deviennent TNobles par leur mariage, participant a la dignité du man , suivant la Loi Fœminx u h. ç„,j. ùeff. de Senatoribus ; & solvant la résolution de Bartole , & de Fulgosc. Néanmoins n uptiis &la Noblesse que la femme née Demoiselle, pourroit tirer du mari, n’a pas tant de L - ult -force & de vigueur que la Noblesse de race , dont elle est illustrée, ou celle qu’elle ^peut avoir obtenue pour fa personne. Laide est de ce sentiment ; ce qui est fondé Cg ‘ l ( de' d i-sor la Loi quod Principi ff. de Legatissecundo, & per L. X. & i-js- de Oss.cio Procu-gnitat. êjratoris. . §- bue i/.-t

La femme Noble retient la qualité.de son père ; mais si elle se marie à un Rotu- aut ' ,K ë srier, elle perd ce privilège suivant la Loi 8. au titre du Digeste de Smatoribus. C ff‘s l"'Ce qui est conforme à la Loi dernière, Cod. de dìgnitatibus lib. r r. Et suivant n -ì‘f A .le sentiment de Bartole in L. i. Co//, z. v. videndum , de Guy Pape Question 380. uni'.y& de Mathieu en ses Annotations. £»■/.

Ainsi il est certain que la femme Noble perd fa Noblesse épousant un Roturier ;mais lors qu’elle le survit, elle peut obtenir des Lettres de restitution de ce premiermariage roturier, & être remise en son premier état de Noblesse.

La femme qui a un fief anoblissant & de grande dignité, & qui épouse un infé-rieur, ne perd pas la Noblesse que la possefiion dson tel fief peut lui donner ; carle mari est anobli par l’investiture & la possession qu’il en a. Sanxon est de cetavis, ainsi que Jean Raynuce.

Cependant, il est dit ailleurs que l’homme non-Noble n’est point anobli par la Detlotiru.femme, & qu’au contraire la femme tombe par cette alliance dans la dérogéance. hb. S.

Cela se voit dans Tite-Live , qui raporte que Virginie fille d’Aulus.Martius, & í! f

femme Patrice , ayant été mariée â Voluminius de í'ordre du menu peuple, les autres

cjusft 5 .

Dames la firent sortir du Temple consacré à la Pudicité Patricienne : Qttod k Patri- ìnbus enupsjfet , facris arcebant. y,me.

Aussi les enfans sortis d’un père Roturier & d’une mère Noble, ne sont pas No- £■* «•’/.

blés, cum forma pt agens, & materia patiens. C’est ce que dit Rc busse fur le Con- LtH ': cle nii ~cordât, tit. de Collât. ‘midk'ns ^

A ce propos on a mis en question si la femme Roturière mariée a un Noble , re- cod de-dé-tient la Noblesse après la mort de son mari, quoi qu’il ait été dégradé de cette qua- gwtaub.lité par forfaiture- Corbin en son Plaidoyé 125. cite un Arrêt du 27. Août 1608. Ti’-Ln-.l.par lequel il résout qu’elle la reprend ; parce que les fautes font personnelles. ì.Uecad^u.-.

La veuve retient la Noblesse & les privilèges de son mari , fi ce n’est qu’elle fitquelque action contre la chasteté ; car- en ce cas elle perd la Noblesse de son mari quiLavoir anoblie, selon Laide.

C’est ce qui s’observe en Angleterre, où la veuve d’un Chevalier, qui se més-allie, r t <épousant un mari de moindre condition , conserve tou;ours la qualité acquise parson premier mariage.

La veuve tison Gentilhomme qui contracte mariage avec un Roturier , ne préju-