fi) de ses différentes espèces. 2.61
pouvant jouir de ces droits, qu’il n’en fit les fonctions ; & les fiefs ftë pouvant apar-tenir qu'à ce toc qui les pouvoient déservir. Ces premiers Nobles étoient exemptsde tribut, à la différence des esclaves qui étoient tributaires : Mais depuis, les Ro-turiers ont obtenu la dispense de posséder les fiefs, fans néanmoins recevoir le pri-vilège d’ëtre anoblis. Si ruflicus emat feudum Nobile , proptered non fit Nobilis.Mais ils ont dû servir ; & étant devenus libres, ils ont aisément usurpé la Noblesse.
Quand les Sujets n'étoient pas libres, leurs biens n’étoient considérés que commebiens de leur Seigneur. Ainsi tout étoit noble fief; tout bien apai tenant aux No-bles , étoit réputé fief noble : & ce qui se trouvoit baillé aux esclaves & non libres,étoit considéré comme roture.
En Dauphiné, quand la terre d’un Roturier pafToir à un Noble , elle deveno’itfranche ; 8 c fi le contraire arrivoit, elle perd ;it fa qualité.
Les fiefs se donnoient universellement, à la charge de servir dans les armées,'Bonifacio en l’Histoire de Trévise , dit que l’on donnoit des fiefs à Castelfrancol’an 1277. à la charge de tenir certain nombre de chevaux prêts & équipés pourservir.
Les habifans de Quieri surent faits Nobles par Celsi Doge de Venise l’an 1355.2 condition de tenir un cheval préparé pour la guerre, & ils eurent l’exemption destributs.
En Léon & en Castille , il falloit porter les armes & servir, pour jouir du privilè-ge de Noblesse.
Quand on créoit un Vicomte ou un Baron en Navarre , en Catalogne & en Arra-gon , on lui donnoit des terres de Ricombre, à la charge de rendre les devoirs dansles armées.
En Suéde , le Militaire qui avoit son bien exempt de tribut, devoit entretenir uncheval pour le service du Roi.
Le Duc de Savoye donnoit des Lettres aux Roturiers pour pouvoir tenir des fiefs,mais à la charge de servir.
Du commencement, les fiefs étoient des bénéfices, & depuis ils font devenus hé-réditaires ou réversibles, à faute de mâles ; mais toujours le service y a été attaché,qui est la vraie source de la Noblesse.
C H A P I T R E • X C I T.
D» droit de Bourgeoisie tfr de Mairie : (fr comme plusieurs Villes & Communautés ontaffeíle la Noblejfe en leurs Maires, Gouverneurs & Bourguemeftres.
P Lusieurs Communautés ont reçû des privilèges de leurs Souverains, pour lesrendre plus peuplées. Ainsi en usa Thémistode , comme il est raconté parPlutarque en la vie ; car désirant rallier ses Concitoyens, & les faire fleurir par touteforte d’Arts, il leur promit de grands avantages.
Entre plusieurs privilèges qui ont été accordés par nos Rois aux Villes de leurRoyaume, l’Edit du mois de Mars 1667. registré à la Chambre des Comptes & enla Cour des Aides le 20. Avril suivant, fait mention des Villes qui ont reçû l’hon-tieur de la Noblesse en faveur de ceux qui en ont le gouvernement.
L’Ordonnance de Bourgeoisie fut publiée en Parlement le Lundi de la mi-Carê-me l’an 1302. régnant Philippes le Bel.
Le droit de Bourgeois du Roi a été inventé par nos Rois, pour attirer à JeurSJuges h Jurifdiction des Sujets primitifs des Barons de ce Royaume, à l’exemplefles Citoyens Romains ;& il s’apelle la bourgeoisie du Roi p rr l'an.ieime coû-
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