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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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& de ses différentes Espèces.

CHAPITRE CLIU.

Si le crime de fiuffie monnaie efface la Noblejje.

L A fausse monnnie est un crime qui ne reçoit point d’cxcuse ; il viole toâjoursla majesté du Souverain ; il arrache un des'fleurons de ía Couronne ; il s’attri-bue fau flement son image & ses armes, qui font la marque de fa Souveraineté; ilrornpt le lien du commerce , il ruine les pauvres, il altère la régie & la mesure duprix de toutes choses. Que s’il est abominable dans ses effets, il est infâme dansfaction , étant indigne d’un Gentilhomme qui devient ainsi artisan, & qui exercele métier de Serrurier, & des personnes- les plus abjectes ; car encore qu’il n’y aierien de plus illustre que de faire battre monnoie , & que ce soit une marque dePuiflance souveraine, c’est néanmoins une chose fort ravalée que de la fabriquer, &plus encore de la faire dans i’obscurité, dans les solitudes, dans les forêts , dans lacrainte d’une mort ignominieuse qui étoit autrefois des plus cruelles : car on faisoitmourir ces criminels dans une chaudière pleine d’huile bouillante ; & cette chaudièrese voyoit encore à Rouen en 1677.

Le Roi François I. fit deux Ordonnances en 8c 1540. pour tâcher d’a»

bolir le crime de fausse monnoie , qui est apellé larcin public.

Ce crime n’ôte pas les droits du Sang , mais il rend infâme celui qui le commet ,& le fait déroger au titre de Noblesse : c'dst pourquoi il a besoin, ou sa postérité ,de Lettres de réhabilitation , si le procès à été fait à celui qui en est prévenu.

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CHAPITRE C L I V.

Si la condition de Fermier déroge a h Noblesse,

• A Utrefois les Gentilshommes pouvoient tenir des fermes, 8c ils en passoientx"Y. des baux devant les Notaires. Il y en a deux exemples dans les registres deGuillaume Campion 8c de Colin le.Maître, Tabellions à Rouen, commençans l’anr;6r. Le premier est du 16. Mars r ; 64. que Messire Jacques de Pommereil Che-valier prit à ferme de Mr. sacques de Clére Baron de Clére, le Manoir de Bailleul,îes terres labourables, & le moulin qui en dépend, pour cinq ans, moyennantcinquante livres par an. Le second exemple est un bail passé le 11. Février 1446.par lequel Noble homme Messire Richard de Widèville Chevalier, Seigneur dePréaux , de Dangu & de Routot, donna à ferme la terre & Seigneurie de Routot àGuillaume Bertin Ecuyer.

Mais il est maintenant de l'u sage , que celui qui prend des fermes commune; SLde particulières, déroge à la Noblesse , selon les Ordonnances de nos Rois. Cellede Charles V I. de l’an 1407. art. 141. est conçue en ces termes : Si aucuns No-bles . Officiers de Nous ou d'autres , Majeurs, Echevins , Prévôts, ou autres Officiersdes Filles , prennent aucunes fermes, ou y font aucunes fraudes : Nous voulons qu ilsen soient f unis rigoureusement par nos Généraux, ou autres leurs Commis , dr quelès fermes leur soient ôtées , dr y soient reçus tous enchérijfeurs en quelque tems qut*e' soit.

Les Ordonnances des Rois Charles IX. art. no.-de François I. de l’an 154©.& de Henri III. art. 257. défendent auflì à tous Gentilshommes de prendre ou detenir dés fermes par eux ou par personnes interposées, à peine d’être privés du pr*♦ilége de Noblesse.

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