ce l* Origine des Noms,
CHAPITRE VI.
j $ge c'èfl principalement an Baptême que la filiation-s'obfirve, lors que l’on impose knom. Des nom S effectifs & de s. nom s cafuels > çfr en quel tems ils ont commence
d’être héréditaires ..
C E n’eíl pas aííèz d’être né si l’on ne porte les marques de la génération & dc ladesceme que l’on tire de son père , par des marques sensibles de fa filiation, àlimitation d u Fils de Dieu même , qui s’étant incarné reçut le fameux témoignagede fa génération , à son Baptême par ces admirables paroles : Hic eft filins mens di- Mat t. c. 9 .Ic'àus in qno mihi complacni. Le Pere.Eternel lui ayant imposé:son nom par le minis-tère d’un Ange.
II y a long-tems que lès enfans ont pris les noms de leurs pères, ou en ont eu de -particuliers q u'ils leur knposoient en les reconnoiííánt.. Les Histoires saintes & pro- Gates. Vfanes en font foi.
L'imposition des noms.se saisolt chez les Hébreux par quelque mi stère , ou sui-vant; l’inclination d’un chacun, conformément aux avantages qui étoient désirés à.la personne nommée. Les noms parmi ce peuple de Dieu étoient divisés par tribus. 9 .par familles & par tête.
S. Jean Cíirysostome improuve les noms fortuits 8c d’événcrrsens , en souhaitantde solides & de raisonnables, tels qu’étóient les premiers qui ont été imposés selon lanature des choses qu’ils dévoient exprimer. C’est pour cette raison que Platon inCratilo-, disoit très-bien que c’eístà faire aux sages d’imposer les noms aux choses.
Mais parce que nous ne sommes pas éclairés d’une pareille cormoiíïance des chosesnaturelles, telles qu’avoit Adam qui avoir donné le nom à toutes les créaturessublu-naires; & qu’encore que nous le sussions, il nous seroit difficiled’exprimeren un motla nature de chaque espece, & d’atteindre à leurs propriétés, il s’enfuic qu’ìl y a peude noms qui manifestent la nature des choies , la plupart manquant dc quelqu’unede leurs conditions, en forte que plusieurs font donnés-fortuitement Sc fans y avoirfait réflexion. Ils signifient rarement la qualité du sujet. Ils sont plutôt de l’inven--tion du peuple qui se contente de faire remarquer par k consentement commun ceque l’on veut donner à entendre.
Epicure vouloir que les noms fuííent des effets de ce que les hommes «’étoient •d'abord imaginés de chaque chose.
Nigidius le prend d’une autre manière dans Aulugelle : mais il-convient avec Pk-ton que les noms doivent être tenus plutôt pour naturels & sondés en raison, qu’ar—bitraireS)»
Pithagore raportoit auflì leur première imposition à une souveraine sagesse. Efquand Aristote cherche si souvent la vérité des choses aussi-bien que les Stoïciens ydans la propriété des noms , il montre bien qu’il n-aprouvoit pas non plus qu’eux »qu’ils fuííent donnés par hazard.
II est certain que les noms n’ont pas été imposés avec tant de raison , qu’ils soient :justes & précis pour la signification de chaque choie; puifqu’il n’y en a aucun quin’en explique plusieurs.
Ainsi l’on n’aproíondit pas toujours si l’imposition de-s noms s’est faite cafuelk-nienr» ou avec connoiífance de cause.
Quant aux noms propres ils sont imposés particulièrement aux individus pour lesdistinguer lés uns des autres, entant qu’ils sont compris dans une même espece, dontiìs ont le nom commun avec Ikssenee,