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Les surnoms enchérissent par dessus les noms propres pour le discernement dosfamilles. Ils ont commencé d’ctre cn usage fur la fin de la seconde race de nos Rois-,lors que la Noblesse de France prit les surnoms de leurs principaux Fiefs, ou qu’ilsimposèrent leurs noms n leurs Fiefs. C’est le sentiment de Jean du Tillet Greffier duParlement -, qu’il explique en ces teimes.: One les Nobles de France en l'an 987. A»fur la fin de la lignée des Carlovingiens, s'attribuèrent des surnoms d cause de leursFiefs : que les Rustiques & les Serfs qui n étaient pas capables des Fiefs , les prirent dumìni(lére ou ils s’emplojoient, des lieux , des métairies qu ils habitoient, ç? des métiersqu'ils exerçaient.
André du Chesne Historiographe , a reconnu dans le r. chapitre de son Histoirede Montmorency , que les familles Nobles n’avoient aucuns surnoms avant les RoisHuges C'apet & Robert son fils , qui vivoient en 987. & 997. & que'de leur temson commença à les prendre des terres principales qu’elles possédoient ; mais avec unusage sort confus.
Aussi Pierre Mathieu Historiographe nous enseigne que les plus grandes famillesde l’Europe , ont oublié leurs premiers noms ou lurnoms, pour continuer ceux deleurs partages j apanages & successions ; c’est-à-dire qu’ils n’ont pas été d’abord hé-réditaires.
Jean le Laboureur de Blerenval Historiographe parlant du tems que les noms &les Armes ont commencé d’êtrc héréditaires, veut qu’il y en ait peu qui puissentprouver leur descente au-delà de cinq ou six cens ans ; parce que les noms & les ar-mes n’étoient pas héréditaires, mais seulement attachés aux Fiefs que l’on habitoit.Ainsi il se void dans l’Histoire d’Haï court livre 1. que Robert de Beaumont fils deRoger , Sire de Beaumont , & d’Adeline de Meulent, prit le nom & les armes deMeulent dont il devint Comte par succession du Comte Hugues son oncle maternel,& délaissa le surnom de Beaumont.
Et on remarque, que les Fils de France en se mariant avec des héritières quiavoient des terres de grand titreen prenoient les noms & les armes, comme Pierrede France en épousant Isabelle Dame de Courtenay.
François Eudes de Mezeray célébré Historiographe , a écrit que fur la fin du ré-gne de Philippes II. dit Auguste, les familles commencèrent à avoir des noms fixes& héréditaires; que les Seigneurs & Gentilshommes les prenoient le plus souvent desterres qu’ils postédoient, les gens de Lettres du lieu de leur naissance ; que les Juifsfaisoient de même quand ils se convertissoient, & que les riches Marchands les pre-noient aussi de la Ville de leur demeure.
Quant à ce qui a donné , selon cet Auteur , les surnoms aux Roturiers , ç’a étéaux uns la couleur, ou la maniéré de poil, l’habitude ou les défauts du corps, la fa-■çon des habits, ou l’âge aux autres , la profession, l’ossice , le métier : à quelques-uns leurs bonnes ou mauvaises qualités, à plusieurs la Province où le lieu de leurnaissance.
Néanmoins pour la plus grande partie, ç’a été quelque fiom propre qui étoitordinaire dans leur famille, ou même quelque sobriquet qui a passé à leurs des-cendans.
Je m’assûre, dit le même Historien , que qui voudra examiner tous ces chefs sé-parément , avouera qu’il s’cn peut rarement trouver d’autres.
Cependant je m’étendrai davantage fur la diversité de ces noms dans d’autresChapitres.