C H A P I T R E XII I. 53
affaires, & qu’il fût nécessaire d’avoir des forces par recrue ,' ces Princes faifoiencfaire une seconde proclamation de l’Arriéreban , par laquelle l’on devoir encore ser-vir quarante jours; & afin que les Nobles & les Archers pussent servir un remségal, on y ajoûta dix jours pour faire trois mois entiers, fans compter Palier & leretour.
Voici ce que dit la Noue fur ce sujet: Anciennement les Arriércbans n ctoient tenus Discoursde servir le Roi que sxsemaines, (fr feulement pour la défense dn Royaume ; eh outre r 0)ltlc ]uesledit tems , on ne les pouvoit retenir qu en les payant, attsi alors les guerres étoient cour- ^tes , & se terminaient souvent par tine Bataille ; rna.is par les Ordonnances faites de- gneur cì'e I»puis , il semble qu on ait allongé le terme jusqu à trois mois, tant pour aller que pour Noue XI,séjourner . discours.
Alathieu Paris fait mention , comme Henri Comte Champagne s’étant trouvédans l’Armée de Louis VIII. Roi de France, assemblée Pan 1226. en forme d’Ar-ricreban , i! demanda son congé après quarante jours accomplis pour s’en retournersuivant la coutume du Royaume. Venit ad eum Henricus Cornes Campanenss cumjar» quadraginta dies in obsdione peregijfet petens, de consuetudine Gallicana, licentiamadpropria redeundi.
Le Roi Saint Louis fit un Règlement en cette maniéré pour le Ban. Qyte le fer- Livre iriivice des Nobles gP Fajfattx dureroit deux mois , que le Ban des Communes (fr Roturiers titulé Li-fnìroit âpres quarante jours. Et en un autre article il est ordonné que le Baron (fr ses j° nS s ^° 13 ,hommes dévoient suivre le Roi en son Ojl, (fr le servir soixante jours (fr Joixante nuits Cavec autant de Chevaliers qu’il devoit quand il en efl semons ; (fr que f le Roi le vouloittenir auprès de lui pour défendre le Royaume , il devoit bien demeurer (fr ne s’en reve-nir : (fr que nulle Dame ne devoit Ofl ni chevauchée ; mais qu’elle pouvoit bien envoyerautant de Chevaliers , comme elle y étoit obligée par les aveux de ses Fiefs ; (fr quel’homme Coutumier ne devoit être en l’Ojl du Roi , que\quarante jours (fr quarantenuits.
Ceux qui ne se trouvoient pas à p Armée payoíent de grosses amendes : celase void dans une Ordonnance du Roi Philippes le Hardi de Pan 1174. adrestée Registre deaux Baillis, qui contient que tous ses Sujets qui étoit tenus d’aller à leurs dépens ^ ( -^, ar ^ ,rcavec ce Prince à P Armée de Foix, & qui n’y vinrent pas, rendroient l’estima- ^tion , comme s’ils Peussent accompagné tant en venant que pendant le séjour qu’en m. Nicolasretournant , 5 c outre cela qu’ils paieroient Pamende ; c’est pourquoi le même Roi de Chan-ordonnoit aux Baillis de lever fur ses Sujets pour chaque jour qu'ils dévoient krez fans air^lervir, fçavoir fur un Baron cent sols tournois pour raison des dépens, & cin-quante fols tournois pour Pamende de chaque Vassal Banneret, trente fols pour lesdépens, & dix fols tournois pour Pamende ; qu’un simple Chevalier paieroit dix folstournois pour les dépens, & cinq fols pour Pamende ; un Sergent ou Essuyer devoitpayer cinq fols tournois pour les dépens, & deux fols six deniers pour Pamende.
Cette Ordonnance porte encore que chaque Baron ou chaque Vassal ne feroit con-traint de payer au Roi aucune chose pour chaque Chevalier qu’il eût dû avoir aveclui, pour servir, comme il est remarqué ; sçavoir pour chaque jour dix fols tournoispour les dépens de chaque Chevalier , & cinq fols tournois d’amende pour chacunhomme ; pour les quarante jours que chaque Baron devoit servir , trois cens livrestournois, lans comprendre leurs Chevaliers; car chaque Chevalier devoit payer trentelivres tournois pour les quarante jours, chaque Sergent quinze livres tournois. IIétoit aussi mandé aux Baillis de faire payer tous coûts & dépens à ceux qûi feroienttenus au service, qui en avoient reçû l’ordre, & qui ne Pauroient pas exécuté , soitBarons, Vassaux, Chevaliers ou Sergens ; qu’ils feroient contraints de payer autantcomme ii a été dit chacun pour foi ; mais que ces sommes pour chacun jour feroientrabatuespour les dépens de chaque Chevalier, qui feroit cinq fols Parisis ; & quatre