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Tome second. L - Z.
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L'Église ne condamne jamais les Clercs à mort,mais à être enfej'més entre quatre murailles.

On dit proverbialement et figurément, queLes murailles ont des oreilles , pour dire, queQuand on veut s’entretenir de quelque chosede secret, il faut parler avec beaucoup de cir-conspection, de peur d’être écouté.

• On appelle Muraille, dans les mines decharbon de terre, La partie de la roche surlaquelle la couche du cliarbon est appuyée;elle rappelle aussi Le sol de la mine.

MURAL, ALE. adj. Il n’est guère d’uàagequ’eu cette phrase, Couronne murale , qui sedit d’Une couronne qu’on donuoit, chez lesRomains, à ceux qui dans un assaut avoient.monté les premiers sur les murs d’une Ville as-siégée.

» MURE. s. fera. Sorte de fruit gros commele pouce, et formé de petits grains réunis. Il ya deux espèces de Mûres , les unes noires, lesautres blanches. Manger des mures. Un centde mures. Du sirop de mûres. Un panier demûres.

On appelle aussi Mûre sauvage, Le fruit de•certaines ronces, qui est presque fait comme lefruit du mûrier noir.

On dit proverbialement d’Un homme quifait semblant de mépriser une chose, parcequ’il ne peut l’avoir, qu’l/ fuit comme le re- ,iiarcl des mûres.

On dit proverbialement et figurcment, qu’ilne faut point aller aux mûrts sans crochet.pour dire, qu’Avant que de s’engager dans uneaffaire, il faut s cire pourvu de ce qui est néces-saire pour-la faire réussir.

MÛREMENT, adv. Il n’est en usage qu’aufiguré, et signifie, Avec beaucoup do réflexion,d’aitentioïl. Après avoir mûrement délibéré ,mûrement considéré, mûrement examine.

MURÈNE. s. f. Poisson de ruer qui ressent- •ble beaucoup aune anguille. Il n'a point de-cailles; il est de couleur noii'étre parsemée detaches blanchâtres. Il pèse jusqu’à dix livres.

MURER. v. a. Boucher une porte ou unefenêtre avec de la maçonnerie. Murer une porte,une fenêtre. Ce Marchand vendoit à fauxpoids j lu Police a fait murer sa boutique.

Muré, ée. participe.

On dit, Ville murée , pour dire, Une Villeentourée de murs.

MUREX, subst m. Mot emprunté du Latin.dont on sc sert pour désigner différentes espècesde coquilles hérissées de pointes. Un ne commîtplus 1 espèce de Murex d’où les Anciens liroientlu pourpre.

MURIER , s. m. Arbre qui porte des mûres.On appelle Mûriers noirs, Les mûriers quiportent des mûres noires; et Mûriers blancs,Ceux qui portent des mûres blanches. Onnourrit ordinairement les vers à soie de feuillesde mûrier blanc.

MURIR, v. n. ; Devenir mer. Les raisinsmûrissent en Automne. Le soleil fait tout mûrir. _Chaque chose mûrit en sa saison. On cueille lesfruits trop tdf , on ne leur donne pas le tempsde mûrir. Les nèfles mûrissent sur la paille .

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Il est quelquefois actif, et signifie, Rendremûr. Le soleil du midi mûrit les fruits .

Il se dit figurément Des affaires, au neutre,et des personnes, tant au neutre qu'à l’actif. Ilfaut laisser mûrir cette affaire. C'est un espritqui mûrira avec le temps. L'âge et l'expériencelui ont fort mûri la tête. La lecture des bonsécrits mûrit le style. Cet homme ne mûrirajamais.

On dit proverbialem. et figurent, qu’avecle temps et la paille , les nèfles mûrissent , pourdire, qu’il y a un certain point de maturitéqu’il faut attendre dans toutes les affaires, aussi-bien que dans les fruits.

Mûri , ie. participe.

MURMURE. s. ni. Bruit sourd et confusde plusieurs personnes qui parlent en mêmetemps. Quel murmure est-ce que j'entends? Ils'éleva dans l'auditoire un murmure flatteur.

Il se prend plus ordinairement pour, Lebruit et les plaintes que font des personnes mé-contentes. Tous ces murmures~là aboutiront aquelque chose de fâcheux. Jl faut tacher d'a-paiser les murmures du peuple.

Il se dit aussi Du bruit que font les eaux encoulant, ou les vents quand ils agitent douce-ment les feuilles des arbres. Le murmure deseaux. Le doux murmure des fontainesdesruisseaux. Le murmure des zéphyrs.

MURMURER, v. n. Faire du bruit en seplaignant sourdement sans éclater. On mur-mure fort de cela. Tout le monde murmurecontre sa conduite. Il murmure contre ses su-périeurs , contre ses parens. Il murmure entreses dents.

Il se dit aussi Du bruit sourd qui court dequelque aflàire, de quelque nouvelle. Celan'est pas bien assuré, mais on en murmure. Oncommence à en murmurer , dans deux jourson en parlera tout haut. Il est du style familier.

Il se dit aussi Des eaux et des vents. Unruisseau qui murmure sur les cailloux. Le ventmurmure dans les feuillages.

MURUCUCA. s. m. Plante qui croît ‘dans lanouvelle Espagne. Elle ressemble beaucoup àla fleur de la Passion.

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MUSARAIGNE, subst. fém. Petit animalquadrupède, à peu près de la grosseur d’unesouris.

MUSARD, ARDE. adj. Qui perd son tempsà s’occuper, à s’amuser de petites choses. Il estntusard. Il est du discours familier.

Il sc prend aussi substantivement. C'est unvrai musard.

MUSC. s. m. Sorte d'animal de la grandeurd’un chevreuil, et qui a près du nombril unevessie ou poche pleine d’un amas de sang ,quidevient dune odeur exquise. Lu rognon demusc.

On appelle aussi Musc, La liqueur qui sortde cet. animal, et dont on fait du'parfum. Bonmuav Musc falsifié. Cela sent le musc. Ungrain de musc.

On appelle Couleur de musc , Une espèce de

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couleur brune. Gants couleur de musc. Drapcouleur de musc.

On appelle Peau de musc, Une peau par-fumée de musc.

MUSCADE, s. f. Noix produite par le Mus-cadier, et qu’on met au nombre des épices.Aimez-vous la muscade?

MUSCADET, s. m. On appelle ainsi une 1certaine sorte de vin qui a quelque goût de vinmuscat.

MUSCADIER, s. masc. Arbre qui porte lamuscade.

MUSCADIN, s. m. Petite pastille à manger,où il entre du musc. Une livre de muscadins.

MUSCARI. s. m. Plante bulbeuse, dont lesfleurs sont en grelot et d’une odeur agréable;On la cultive dans les jardins, à cause de sabeauté. Sa racine, qui est une grosse bulbe,prise intérieurement, est vomitive; appliquéeextérieurement, elle est digestive et résolutive.

MUSCAT, ÀTE. adj. (L’usage a prévalud’écrire et de prononcer Muscade , ) Il se dit Decertains raisins et des vins qu’on en tire, Rai-sin muscat , vin muscat ; et aussi De certainesfleurs et de certains fruits, Rose muscade ,noix muscade. Les Joueurs de gobelets s’enservent pour leurs tours d’escamotage , etdisent : Passez , muscade.

11 se prend aussi substantivement. Boire ditmuscat blanc, du muscalrouge. Muscat de Fron-tignan. Les muscats en cePays-là sont fort gros.Manger du muscat. Une grappe de muscat.

Quand on l’emploie absolument an féminin,il ne signifie jamais que Cette espèce de noixqu'on met au nombre des épiceries.

MUSCLE, s. m. Partie charnue et fibreuse ,qui est l'organe des niouvemcns de l’animal.Gros muscle. Muscle large. J.es muscles du vi-sage. Les muscles des bras, des jambes, etc. Letendon d'un muscle. Les fibres des muscles.L’origine, des muscles. Ce Peintre, ce Sculpteurrend bien les muscles.

MUSCLE, ÉE adj. Qui a des muscles bienmarqués. Il se dît principalement en termes dePeinture et de Sculpture . Cette figure , cettestatue est bien musclée, trop musclée.

MUSCOSITÉ. s. f. Espèce de mousse ou develouté qui se trouve dans les ventricules desanimaux qui raniment.

MUSCULAIRE, adj. des 2 genres. Termed’Anatomie. Appartenant aux muscles. Mouve-ment musculaire. Action musculaire. Forcemusculaire. U se dit aussi De plusieurs artèresqujps’insèrent dans différens muscles, et desveines qui en sortent.

MÜSCULE. s. m. Terme d’Antiquité. C’éloitle nom d’une machine de guerre des Anciens.César distingue souvent la tortue du muscule. ‘

MUSCULEUX, EUSE. adj. Où il y a beau-coup de muscles. Paiiie musculeuse.

On dit d’Un homme qui a les muscles très-apparens et très-forts, qu’il est musculeux.

MUSE. s. f. Les Anciens ont feint que lesMuses ejoient des déesses qui présidoient auxArts libéraux, et principalement à l’Éloquenceet à la Poésie, et qu’elles étoient filles de Jupi-