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Tome second. L - Z.
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bout d’an temps très-court. Cet enfant croit àvue d'œil. Cette femme embellit tous les jours àvue d'œil. Ce malade diminue , dépérit, s'af-foiblit à vue d'œil.

On dit, Faire toucha' une chose au doigtet à Vceil , pour 'dire , La démontrer clai-rement, en convaincre par des preuves indu-bitables, telles que sont ordinairement cellesde la vue et du toucher. Et l’on dit en plaisan-terie, qu 'Une montre va au doigt et à Vceil,pour dire, qu’On la fait aller comme on veut,qu'on en avance et qu’on en recule l’aiguilleselon l’heure qu’il est. H est familier.

On dit proverbial., que L'œil du maître en-graisse le cheval • et on le dit aussi dans un-sens plus étendu, pour dire, que Quand unmaître a soin de prendre garde à ce qui se passedans son domestique, tout en va mieux.

On dit, Avoir bon pied, bon œil, pourdire, Être vigoureux, se porter bien; et en cesens, il ne se dit guère que d’Un homme quicommence à notre plus jeune. Il est un peuâgé, mais il a bon pied , bon œil. Il est du stylefamilier.

On dit aussi la même chose, pour dire, Êtrevigilant, se tenir sur scs gardes. En ces sortesd’affaires, et avec ces gens-là, il faut avoir bonpiedj bon œil. Il est du style familier.

On dit proverbialement et figurément, AvoirUn œil aux champs et ÏVmfrc à la ville , pourdire, Prendre garde à tout, être attentif àtout.

On dit encore dans le même sens, Avoir l’œil.cm guet. El l’on uit ausji, Faire la guerre àVceil, pour dire, Prendre garde attentivementà tout ce qui se passe, afin de profiler de l’oc-casion.

On dit proverbialement et populairement,ÜVon plus qu’il en peut tenir dans l’œil, nonplus qi$ dans mon œil , pas plus que dans monœil , pour dire, Point du tout.

On dit proverbialement, en parlant Des ac-cidens communs de la vie, Autant nous enpend à Vœil, pour dire» qu’il nous en peut ar-river autant.

Un dit , Avoir quelque chose devant lesyeux, pour dire, En avoir l’idée, l’imaginationtellement remplie, qu’on en fasse la règle de saconduite. Avoir l’honneur devant les yeux.Avoir la crainte de Dieu devant les yeux.

On dit, qu'Une chose donne dans les yeux,éblouit les yeux, pour dire, qu’Ellc frappe etattire les regards par un certain éclat. Et l’ondit familièrement, Donner dans l’œil à quel-qu'un, pour dire, Faire une impression vivesur quelqu’un par scs agrémens extérieurs.

On dit aussi figurément et familièrement,Jeta' de la poudre aux yeux, pour dire,Éblouir, surprendre par quelque éclat exté-rieur, par quelque apparence trompeuse.

On dit familièrement, qu’Vne chose blesse.

yeux à quelqu’un, - les yeux de quelqu’un ,pour dire, qu’Elle lui déplaît, qu’elle lui .causedu chagrin, de la jalousie, etc.

On dit familièrement, q a'Une chose ciëvc

yeux, pour dire» qu’il est en quelque façon )

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impossible de ne la pas voir. Vous cherchez• -votre livre , il vous a'ève les yeux.

On dit aussi familièrement, qu’t/ne chosecrève les yeux, pour dire, qu’il nest presquepas possible de l’ignorer ; et en ce sens, cela nese dît ordinairement que Des choses qu’oncherche à cacher.

On dit encore familièrement d’Une chosequi est d’une vérité claire et manifeste, qu 'Ellecrève les yeux , qu’elle srmtc aux yeux.

On dit, Fasciner les yeux, pour dire, Leséblouir par des tours de subtilité. O 11 le ditaussi, pour dire, Tromper par un faux éclat,par une fausse apparence.

On dit, Faire les doux yeux, les yeux douxà une personne, pour dire, Lui témoigner del'amour. Il est familier.

On dit, Manger , dévorer quelqu'un desyeux , pour dire, Le regarder avec complai-sance et intérêt. Il est familier.

On dit, N’avoir des yeux, que pour quel-qu'un, pour dire, Lui accorder une préférenceexclusive. Vous n avez, Madame,des yeux quepour cet enfant-là, vous n’aimez que. lui

Et on dit, Dévorer des yeux une chose,pour dire, La regarder avec une extrême enviede la posséder, et avec une espece d’avidité.

On dit familièrement et en plaisanterie,Pour vos beaux yeux , pour ses beaux yeux ,pour dire, Pour l’amour de vous, pour l’amourde lui, pour l’amour d’elle. Ce ?icst pas pourvos beaux yeux, c'est pour son intérêt qu'ilvous a rendu service.

On dit proverbialement, Loin des yeux ,loin du cœur, pour dire, qu'Ordinaircmentl’absence détruit ou refroidit les affections.

On dit figurément qa'Un homme commenced ouvrir les yeux, pour dire, quïl commenceà découvrir des choses que la prévention IVvoit empêché de voir. Et l’on dit , qu Unhomme faune les yeux n toutes sortes de consi'dérations , pour dire, qu’il ne veut rien écouterde tout ce qu’on lui peut dire pour le détour-ner de la résolution qu’il a prise.

On dit aussi, qu’On a ouvert les yeux àquelqu’un sur quelque chose, pour dire, qu’Onlui a donné sur cela des lumières, des connois-sances qu’il u’avoit point auparavant.

On dit dans le même sens, qu’t/n homme aun bandeau sur les yeux, pour dire, qu’il estpréoccupé de quelque passion, de quelque pré-vention qui l'empêche de juger sainement deschoses.

On dit,Attacher les yeux, arrêter les yeux,jeter les yeux, porter les yeux sur quelque chose,pour dire, Attacher, arrêter ses regards, porterson attention, porter la vue .sur quelque chose.

On dit aussi ,qu Une chose attache les yeux ,arrête les yeux agréablement, pour dire,qu’Onprend plaisir à la voir, à la considérer.

On dit, Entre, quatre yeux, pour'dire, Têteh tête. Je lui dirai cela entre quatre yeux.(On prononce Quatix-s-yeux. )

On dit figurément, Jeter les yeux sur quel-qu’un pour quelque chose, pour dire, Songer àlui par rapport à cette chose-là. On a jeté les *

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yeux, sur lui pour une telle Charge, pour untel Emploi.

Et Ton dit, J eter les yeux sur quelque close ,sur quelque ouvrage , pour dire, Le parcourirlégèrement.

On dit, qu 'Une file a été élevée sous les yeuxdesa mère , qu’elle a toujoursété sous ses yeux,pour dire, que Sa mère a eu une grande atten-tion sur sa conduite, et ne l’a point perdue devue.

On dit figurément et familièrement, Avoirdes affaires par-dessus les yeux, jusque par-dessus les yeux , pour dire, En avoir tant, qu’àpeine on y peut suffire.

On dit, qu 'Une chose s’esf passée aux yeux ,sous les yeux de quelqu'un, pour dire, En saprésence; et par exagération, Aux yeux , de-vant les yeux de tout le monde, de toute laterre, pour dire, En présence de beaucoup demonde, au vu et au su d’un très-grand nombrede personnes. Il y a long-temps qu’il en use de!la sorte aux yeux de tout le monde. Cela s’estpasse aux yeux de tout le monde.

On dit proverbialement, Les yeux fermés,les yeux clos, pour dire, Sans avoir besoin dese servir de ses yeux. J'en sais si bien le che-min, que je pourrois y aller les yeux formés.

On le dit aussi, Lorsque par confiance enquelqu’un, ou par déférence, on se porte ^faire ce qu’il souhaite, sans vouloir rien exa-miner après lui. Il signa le contrat les yeuxclos, les yeux fermés. •

On dit, que L’œil de Dieu voit tout, qu7£pénètre tout, qui! perce le fond des abîmes ,pour dire, qu’il n’y a rien He caché à Dieu ,

On appelle figurément et poétiquement Lesoleil, IJœil de la nature , Vœil de l'univers.

On dit figurément, que Les Ministres sontles yeux des Princes, pour dire,que Le Princese sert de ses Ministres pour être informé pareux des choses qu’il ne peut pas voir, qu’il nepeut connoître par lui-même.

On dit figurém. Voir une chose par les yeuxde l'esprit , des yeux de l'esprit .pour dire, L’exa-miner par la raison; et, La voir par les yeux dela foi, pour dire, La considérer avec les disposi-tions, les impressions, les sentimens que donneLa foi. Gela se dit par extension et ironiquement,pour donner à entendre qu’On ne veut pas con-tester une chose, mais qu’on ne la conçoit pas.Il faut donc voir cela des yeux de la foi.

On dit figurément d’Un homme qui a defort gros yeux, ou d’un homme qui a les yeuxenflammés par la fureur, que Les yeux lui so?’-tent de la tête.

On dit encore d’Un homme qui a de gros yeux,qu’il a des y eux de bœuf ; de Celui qui a les yeuxentre gris et roux, qu7/ a des yeux de chat.

Ou dit d’Un vin qui a une légère teinte derouge, que CVt un vin de couleur d'œil deperdrix , ou simplement, œil de perdrix.

On dil d’Un vin qui a une couleur un peutrouble, qu II a un œil louche. Cela se dit aussifigurément'd’Une affaire, Cette affaire a un œillouche, pour dire, qu’Elle a quelque chose desuspect, une apparence peu satisfaisante. .