Band 
Tome second. L - Z.
Seite
254
JPEG-Download
 

254

PAV

gile. Et on appelle Pauvreté d'esprit , Le détachement entier des biens de la terre.

On dit figurément, La pauvreté de la Langué, dans le meme sens qu’on dit, qu’Une langue est pauvre.

Pauvreté, se dit encore De certaines choses basses et méprisables qu’on dit ou qu’onfait. Il n’a dit que des pauvretés. C’est un granddiseur de pauvretés. Quelle pauvreté ! Il est familier.

PAT

PAVAGE, s. m. Ouvrage du paveur. Unpavage bien fait

PAVANE , s. f. Sorte d’ancienne danse graveet sérieuse. Danser la pavane. Danser une pa-vane.

PAVANER, se PAVANER. V. r. Ma relierd’une manière ûére, superbe. Voyez comme ilse pavane.

PAVÉ. s. m. Pierre dure dont on se sertpour paver. Pavé de pierre. Pavé de grès. Pavéde cailloux. Pavé de marbre. Pavé de pierre deliais. Le pavé de l’Église est tout de marbre. Ilmangue quelques pavés de marbre dans ce salon.Le pavé d’une rue. Le pavé d un chemin. Lepavé d’une cour. Le pave d'une cuisine. Lepavé d'une écurie. Le pavé d’une salle.

Lorsqu’on dit absolument, Du pavé, On en-tend ordinairement du pavé de grès ou de cail-loux, dont on pave les rues, les grands che-mins, les cours, etc. On appelle Gros pavé,Celui dont on se sert pour les rues et les grandschemins; et Petit pavé , Celui que l’on emploiepour paver les cours, les cuisines, les écuries.Lever un pave. Àrrachei' un pavé. Un cent depavés. Une charretée de pavés.

Pavé, se prend aussi pour Le chemin, leterrain, le lieu qui est pavé. Ne quittez pas lepavé . Suivez le pavé. Les Officiers qui ont soindu pavé. Entretenir le pavé. Le pavé de Paris à Orléans. Il se promène sur le pavé de Paris .Le pavé est méchant , est glissant , est rompuen plusieurs endroits. D’ici d tel endroit, c’esttout pavé.

On dit proverbial., qu 'Un homme est surle pavé , pour dire, qu’il ne trouve pas où loger ;qu’On l’a mis sur le pavé , pour dire, qu’On l’afait sortir de son logement, sans qu’il sache oùen trouver un autre; et, qu’On a mis ses meu-bles sur le pavé , pour dire, qu’On les a misdans la rue.

On dit aussi d’Un -domestique hors de con-dition , et en général d’Un homme dépossédéd’un emploi qui le faisoit subsister, qu'il estsur le pavé.

On dit figurément, qu’On homme est sur lepave du Roi, pour dire, qu’il est dans uu lieud ou personne n a droit de le chasser. On n’arien à lui dire, il est sur le pavé du Roi.

On dit, Bride en mam sur le pavé, pourdire, qu’il est dangereux de galoper» sur lepavé. Et on dit la même chose proverbialementet figurément, pour signifier, qu’il ne faut rienprécipiter dans les affaires délicates, et qui peu-vent avoir des suites fâcheuses.

PAV

PAV

On appelle Batteur de pavé, Un fainéantqui n’a d’autre occupation que de courir lesvues.

On appelle Le haut du pavé, Le pavé qui»est du côté des murailles. Prendre le haut dupavé. Céder le haut du pavé. Disputer le hautdu pavé.

On dit figurément et familièrement, Tenirle haut du pavé, pour dire , Tenir le premierrang, être le plus considéré-en quelque endr oit.Il tient le haut du pavé en ce Pays-là. Dis-puter à quelqu'un le haut du pavé. Prendresur quelqu’un le haut du pavé.

On dit familièrement, qu’L'n homme gagnebeaucoup sur le pavé de Paris , que le pavé deParis lui vaut beaucoup , pour dire , qu’il abeaucoup de pratiques.

On dit aussi figurément et familièrement,Faire quitter le pavé à quelqu’un, pour dire,Le faire retirer, faire qu’il n’ose plus paroître.

On dit figurément et familièrement , Tirerle pavé, pour dire, Agir avec circonspection.

PAVEMENT , s. m. se dit De faction 4epaver, et des matériaux qu on emploie pour cet -effet. Il en a tant coûté pour le pavement decette cour.

PAVER, v. a. Couvrir le terrain, lesold’unchemin, d’une rue, d’une cour, etc., avec dela pierre dure, du grès ou de la brique, pour ymarcher , ou y faire passer des voitures pluscommodément. Paver un chemin. Paver unerue. Paver une cour. Faire paver une écurie.Paver une salle de carreaux de marbre.

Il se met quelquefois absolument et sans ré-gime. Chacun fut obligé de paver devant saporte. On ne sauroit passer dans cette rue, ony p ave.

Pavé, Ée. participe. Chemin pavé . Sallepavée de marbre , pavée de petits caixcaux ,pavée en mosaïque.

Proverbialement et figurément, pour dire,qu’il y a une grande abondance d’une certainesorte de choses dans, une grande Ville , ou unegrande multitude d’une certaine sorte de gens,on dit, que Les rues en sont pavées. Les orangesétaient autrefois fort rares , présentement lesrues en sont pavées. Vous n aurez pas de peineà trouver des laquais à Paris , toutes les rueren sont pavées.

On dit figurément et familièrement d’Unhomme qui mange extrêmement chaud, qu7la le gosier pavé.

PAVESÀDE. s. fém. Toile ou étoffe tendueen-dehors autour des bords d’une galère le jourd’un combat, pour empêcher que les ennemisne découvrent dans la galère, et ne voient lesmouvemens qui s’y font. Tendre la pavesade.Sur l’Océan on dit, Les paviers.

PAVEUR, s. m. Celui dont le me'tier est depaver des rues, des chemins, des cours. C’estun bon paveur. Faire marché avec les paveurs.

PÀVIE. s. m. (On prononce Pavi.) Sortede pêche qui ne quitte pas le noyau. De qrospavies.Pavies rouges. Pavies jaui/ks. Lespaviessont meilleurs en Italie que dans ce Pays-ci.

I ? vavie nous a été apporté de Lombardie .

PAVILLON, s. ni. Espèce de logement por-tatif , servant au campement des gens de guerre,fait en carré ou en rond, et se terminant enpointe par en haut, h la différence des tentesqui sont plus longues que larges, et dont lehaut est fait en forme de toit. Les pavillonssont faits ordinairement de coutil. Les muraillesd’un pavillon. L’arbre ou le mût d'un pavillon.Les cordages d’unpavillon. Tendre un pavillon.

On appelle aussi Pavillon, Un tour de litplissé par en haut, et suspendu au plancher,ou attaché à un petit mât vers le chevet. Unpavillon de taffetas. Un pavillon de toile desIndes . Un pavillon de serge.

On aippelle aussi Pavillon , Un tour d’étoffedont on couvre le tabernacle dans quelquesEglises : Le pavillon du tabernacle; et l’on ap-pelle encore de la même sorte, Le tour d’étoffequ’on met sur le saint Ciboire.

Pavillon, se dit aussi d’Une espèce de ban-nière ou d’étendard, qui est un carré long., etque Ion met au grand mât d’un vaisseau, ouau mât de misaine, ou au mât d’artimon, etc.Il n’y a que l’Amiral qui porte le pavillon augrand mât. Le pavillon de France . Trafiquersous le pavillon de France . Le pavillon d’Angle-terre. Arborer le pavillon. Assurer son pavillon.Mettre pavillon bas. Baisser le pavillon. Amenerle pavillon, C’est le baisser par déférence oupar force. Cet Officier a soutenu l'honneur dupavillon François , la gloire du pavillon, pour,Il a bien combattu.

On dit figurément, Baisser le pavillon, ouBaisser pavillon , Lorsque s’agissant de compa-raison, de compétence, ou de contestation entredeux personnes, l’une des deux cède, et se re-connoît inférieure. Quant à cela je baisse le pa-villon , et je reconnais que vous l’emportez sut'moi. C’est un homme qui est au-dessus de tousles autres dans ce genre-là , il faut baisser pa-villon devant lui. Vos ratsorts sont meilleuresque les miennes, je cède et je baisse le pavillon.Ces phrases sont du style familier.

On dit figurém. Se ranger sous le pavillonde quelqu’un , pour dire, Se mettre sous s»protection. On dit figurément dans un senscontraire, Déserter le pavillon.

Pavillon, en termes de Blason , se dit Dece qui enveloppe les armoiries des Souverains,et qu’ils ont seuls droit de porter.

Pavillon, signifie aussi Un corps de bâti-ment ordinairement carré, appelé ainsi, à causede la ressemblance de sa figure avec celle despavillons d’armée. Sa maison ne consiste qu’enun pavillon. Il a bâti un pavillon au bout deson jardin, au bout de sa galerie. Un corps-de -logis entre deux pavillons. Il n'y a qu’un corps-de-logis et un pavillon au milieu. Gros pavillon.Pavillon double , c’est-a-dire, Dans lequel ii ya deux appartenons adossés.

On appelle aussi Pavillon, L’extrémité éva-sée d’une trompette, d’un cor, d’un portevoix.

On appelle Pavillon, au jeu de Trictrac,Une marque façonnée en étendard, qui annoncequ’on a la bredouille. Prendre le pavillon. Àbas le pavillon.