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Tome second. L - Z.
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PAVOIS, s. masc. Sorte de grand bouclier.Quand les François élisoient un Roi , ils l'éle-voient sur un pavois, ils le portaient sur unpavois. Cn ne s’en sert guère qu’en parlant denos anciens usages, ou dans la Poésie.

Pavois, cn termes de Marine, se dit dUnetenture de toile ou de drap qu'on met autourdu plat-bord d’un vaisseau, soit dans un jourde réjouissance, soit dans un joui de combat.

PAVOISER. v. a- Terme de Marine, Garnirun vaisseau de pavois.

Pavoisé, ée. participe.

PAVOT, s. m. Plante qui porte des fleurs deplusieurs couleurs, et dont la graine a la vertud’assoupir. Pavot sauvage. Pavot de jardin.Pavot noir. Pavot blanc. Pavot rouge. Pavotdouble. Pavot panaché. Tête de pavot. Grainede pavot. Jus de pavot. Le suc de pavot faitdormir. C'est avec le suc de pavot qu’on faitl'opium. Le coquelicot est une espèce de pavot.

Les Poètes disent, Les pavots du sommeil,pour dire, Le sommeil même.

PAVOT CORNU, ou GLAUCTUM. s. m.Plante dont on connoît trois espèces qui diffé-rent par la couleur de leurs fleurs. Il y en a dejaunes, de rouges et de violets.

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PAYABLE, adj. des 2 g. Qui doit être payéen certain temps. Il se dit De ce qui doit êtrepayé à certains termes ou à certaines personnes.G ne lettre de chanqe payable à vue. Ce bdlct-là n'est payable qu’à Noël . Tl est convenu delui donner une telle somme, payable en quatretermes égaux.

PAYANT , ANTE. adj. Qui paye. Nousétions six a ce dîner, mais il n'y avait quequatre payons.

PAYE. s. f. Ce qu’on donne aux gens dïguerre pour leur solde. Donner la paye auxtroupes. Paye de Capitaine, de Lieutenant,d Enseiqnc, etc. Un Lieutenant qui tire payede Capitaine, qui a paye de Capitaine. On re-tient tant à chaque soldat . sur sa paye pourson habit. La paye de Varmée. Il tire doublepaye.

Paye , se dit aussi De celui qui paye. Ainsion dit d’Un homme, que C'est une bonne paye,une mauvaise paye, pour dire,qu’il paye bien,qu’il paye mal.

On dit proverbialement,De mauvaise paye ,on tire ce qu'on peut , pour dire, que Quandu u debiteur n’a pas la volonté ou le moyen depayer tout ce qu’il doit, il faut quelquefois seintenter du peu qu’il offre.

Il se dit aussi au figuré, pour dire, qu’il nepas exiger des gens plus qu’ils n’ont la vo-Wté ou le pouvoir de faire.

On appelle Haute paye , Une solde plus&rte que la solde ordinaire. Tl est à la hautepaye.

On appelle aussi Haute paye-, Celui qui re-îou ta haute paye. En ce sens il se dit princi-palement au pluriel. Les hautes payes du.-, ré-% 9Û>i eut.

Moiite-paye, s. f. Nom que l’on donne ù un

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soldat entretenu a demeure dans une garnison’,tant en paix qu’en guerre.

On appelle aussi Morte-paye, dans unemaison , Un vieux domestique, ou quelqueautre homme qu’on y entretient , sans qu ? il yfasse aucun fonction, ni qu’il y rende aucunservice.

On appelle encore Mortes-payes, dans ladistribution des impôts, Ceux qui ne peuventpas payer la taxe à laquelle ils sont imposés.

PAYEMENT, s. m. ( L’usage a aussi auto-risé Paiement et Pàîment.) Ce qui se donnepour acquitter une dette. Faire un payement.Pour payement d'une telle somme. Il a reçuson payement. Après le premier payement.Pour son payement. Pour faciliter le paye-ment. Le payement s'en fit en trois termes.Donner des effets en payement.

U se dit aussi De l’action de payer. Faire unpayement. Le jour du payement.

PAYER, v. a. Je paye, tu payes, il paye,ou il paie’ nous payons, vous payez, ils payent,ou ils paient. Je payois, nous payions, vouspayiez, ils payoient. Je payai. J’ai payé. Jepayerai , ou je paierai ou pair ai. Paye, payez.Que je paye, que nous payions,, que vouspayiez, qu'ils payent. Que je payasse. Je paye-rois, ou je paicrois ou patrois. Payant. Payé.Acquitter une dette. Payer une somme d’ar-gent. Payer le prix d'une chose. Payer milleécus. Payer ce qu'on doit à son créancier. Jelui ai payé une grande somme. Il me doit en-core tout, il ne m’a pas payé un sou.

U se dit aussi en parlant De celui h qui ondoit. Payer ses créanciers. Payer un marchand.Payer ses domestiques. Payer des ouvriers.Payer les troupes. L’armée n'est pas payée. Lesbons ouvriei's ne se. peuvent trop payer.

Il se dit encore De la chose pour laquelle ondoit. Payer des marchandises. Payer une étoffe.Tout ce qu'il prend, il le paye argent comp-tant. Payer les gages. Payer les appointemens.Payer les intérêts, les arrérages et le principal.Payer l’amende. Payer la folle enchère. Payerune pension. Payer les loyers d’une maison.Payer le dîner. Payer Vêcot. Payer sa fête.Payer sa bienvenue. Payer s.a part. Payer saquote-part.

On dit populairement, Payer pinte -, payerchopine, payer bouteille, pour dire, Menerquelqu’un au cabaret , et payer pour lui.

On dit, Payer une obligation, une pro-messe, un billet, une lettre de change, etc .pour dire,Payer la somme portée par une obli-gation , etc.

On dit fignrément, Payer le tributà la na-ture, pour dire, Mourir.

On dit aussi figurcment'qu’l/n hommepayeles violons, Lorsqu’il fait les frais d’une affaire,dont un autre tire tout Je profit.

U s’emploie, aussi absolument et sans ré-gime. Il se défendoit de-payer. Il a fallu payer,fl a été condamné à payer. C’est un homme*qui 11'aime pas à payer. J’ai été obligé de payerpour lui.

On dit figurément d Un homme qui est seul

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puni d’une faute commune â plusieurs, qu’ilpaye pour tous les autres.

Lorsqu’un homme qui a entre ses mains del’argent qui appartient à son débiteur, se payelui-même sur cetargent,on dit, qulls'estpayépar ses mains.

On dît d Une chose excellente dans songenre, très-agréable ou très-curieuse, quEUene se peut'payer de bonté, qu’elle est à payer,quelle ne se peut payer. Ce conte-là est excel-lent, il ne se peut payer. Cela est d’un agré-ment qui ne se peut payer. Cet homme est àpayer pour son originalité .

On dit proverbialement, Payer me à rie ;pour dire, Payer jusqu’au dernier sou, sanstort ni grâce; Se faire payer comme un sau-nier, pour dire, Se faire payer à la rigueur;Payer en montwiede singe, en gambades, pourdire, Se moquer de celui à qui ou doit, et nele point payer; Payer en même monnoie, pourdire, Rendre la pareille; Qui répond paye t.pour dire, qu’On est obligé de payer pour ce-lui dont on s’est rendu caution; Il faut payerou agréer, pour dire, que Quand on doit, ilfaut donner de l’argent ou de lionnes paroles ;Payer en chats et en rats, pour dire, Payer enmauvais effets. Voyez Chat.

On dit, Payer avec. Il m’a payé avec desmarchandises. Ne croyez pas que je me laissepayer avec des mines, avec des cabrioles.

Payer à. Payer à vue, à lettre vue ; à furet mesure; au mois, à la semaine, à l’heure, àVannée. Payer à la minute , se dit pour, Payerponctuellement, sans délai. Payer à compte.

Payer ew. Payer en espèces. Payer en or,en piastres , en petite monnoie , en marchan-dises, en cabrioles.

Payer, accompagné d’un régime adverbial:Payer comptant , argent comptant, la sommede .

P Aveu , se construit aussi avec la préposi-tion De, comme dans les phrases suivantes:Payer de belles paroles, pour dire, Ne donne»satisfaction qu’en paroles, Je ne me paye pasde motsj Payer d'ingratitude, pour dire,Manquer de reconnoissance pour un bienfaitreçu; et, Payer déraison, ou de raisons, pourdire, Donner de bonnes raisons sur les chosesdont il s’agit.

On dit aussj, qu’Z7n homme se paye de rai-son, pour dire,-qu’il se rend aux bonnes rai-sons qu’on lui allègue.

On dit aussi figure'ment, Payer d’effrontv-rie, pour dire, Soutenir effrontément un men-songe, se tirer d’un mauvais pas par effron-terie.

On dit pareillement, Payer d’audace * etcela se dit surtout lorsqu’une petite troupe degens de guerre, en ayant rencontré une plusgrande, fait si bonne contenance, que par-là!elle empêche les ennemis de l'attaquer.

On.dit, Payer de sa personne, pour dire,-S’exposer dans une occasion dangereuse, et ybien faire son devoir. C’est un brave homme ,et qui a payé de sa personne en- ce ut occa-,dons.