galvanoplastie.
GALVANOPLASTIE.
une calebasse, une pomme de terre, une graine, etc. ; onfrotte le fruit arec de la plombagine, et on enfonce versla queue ou vers le germe une petite épingle qui sert àétablir la communication avec le pôle zinc de l’appa-reil électrochimique ; le reste de l’opération s’effectuecomme nous l’avons dit plus haut. Lorsque le cuivrageest achevé, on retire l’épingle qui laisse un petit troupar lequel on peut chasser l’eau du fruit, pousser l'éva-poration jusqu’à siccité, et éviter ensuite toute fermen-tation ultérieure.
§ 5. Application de la galvanoplastie à fart du fondeur.
On sait que pour obtenir une statue en fonte de bronze,de fer, do zinc, le sculpteur ayant fourni son modèleexécuté en terre, on en tire une épreuve en plâtre ou encire, et que c’est sur cette dernière épreuve qu’est faitle moule en sable qui doit recevoir le métal fondu. Parla galvanoplastie, au lieu de faire un moule en relief avecde la cire ou du plâtre, et ensuite un moule en creuxavec du sable, on commence parfaire un moule en creuxavec du plâtre, et on le revêt intérieurement de plomba-gine avec beaucoup de soin. Alors on plonge dans la dis-solution de cuivre et on fait passer le courant électrique ;quand la couche déposée est assez épaisse, on enlève lemoule qui laisse à découvert l’objet parfaitement exact.
S’il s’agit d’une statuette en ronde-bosse de petite di-mension, on prend les creux de chaque moitié, on les pré-pare avec de la plombagine, et on rapproche ensuite lesdeux moitiés que l’on soude avec du plâtre ; on établitles communications avec l’appareil voltaïque, en es-sayant de s’arranger de façon à ce que le liquide puissepénétrer à l’intérieur du moule et que le dépôt puisses’y effectuer.
Si l’original a de grandes dimensions, il faudraitemployer des vases d’une très grande capacité, et alorsil est mieux d’opérer comme il suit : les diversesparties du moule en creux , après avoir été revê-tues intérieurement de plombagine, sont réunies en-semble avec de la cire ou du plâtre rendu imperméable,de manière à former une capacité propre à recevoir ladissolution. On se sert d’une forte batterie et d’unedissolution un peu étendue, parce que le volume de labatterie ne peut être économiquement proportionné àl’étendue de la surface à recouvrir. Le morceau de cui-vre qui forme l’électrode positif doit avoir une grandesurface et être placé très près du moule en plâtre, afinde diminuer la résistance au passage du courant.
On ne peut obtenir ainsi une ronde-bosse d’une seulepièce; il faut fabriquer des parties séparées que l’onsoude soit à l’argent, soit à l’étain, en ayant soin de re-couvrir ensuite électro-chimiquemént la surface dessoudures d’une couche du métal qui constitue la ronde-bosse. On avive la surface de la soudure, on la circon-scrit au moyen de mastic de vitrier, de manière à for-mer une espece d’auge que l’on remplit ds la solutionmétallique où plonge un fil de même métal en relatiouavec le pôle positif d’un couple voltaïque, la ronde-bosse communiquant avec le pôle négatif. Quand lasoudure est recouverte du dépôt métallique, s’il se pré-sente quelques protubérances, on les avive avec unelime douce.
Quant à l’application des procédés galvanoplastiquesà la typographie, et par conséquent à l’art du fondeuren caractères, nous pensons qu’elle ne peut avoir d’a-vantages que pour la production des moules ou matricesdans lesquels on fond les caractères d’imprimerie, etpour cet objet nous n’avons rien à ajouter à tout ce quenous avons dit. Les planches stéréotypées s’obtiennentà si bon marché que nous ne pensons pas que la galva-noplastie pourrait rivaliser avec la stéréotypée sous cerapport. On sait, en effet, que la stéréotypie (voir cemot) consiste à former, pour les livres qui offrent ungrand débit, une première empreinte en plâtre des j
caractères d’imprimerie composés, à la faire sécher aufour et a prendre ensuite sur ce modèle une secondeempreinte de ce modèle. C’est pour l’obtention de cetteseconde empreinte qu’interviendrait la galvanoplastie,mais elle ne le ferait pas économiquement.
§ 6. Application de la galvanoplastie à la métallurgie.
Il y a environ neuf ans, que M. Becquerel a annoncéqu’il était parvenu, à l’aide d’un procédé électro-chimi-que très simple, à extraire l’argent, le cuivre et le plombde leurs minerais respectifs, sans avoir recours à desappareils composés, mais bien en employant des appa-reils simples avec du fer ou du zinc. La voie nouvelleainsi ouverte par ce savant à l’industrie métallurgique,n’avait encore été suivie par personne, lorsque, cetteannée, MM. Dechaud et Gaultier de Claubry ont pré-senté à l’Académie des Sciences la description d’unprocédé à l’aide duquel ils espèrent exploiter galvani-quement les mines de cuivre de Mouzaïa, que le gou-vernement vient de concéder dans l’Algérie . A l’appuide leur description, ils ont montré différents échantil-lons de feuilles d’assez grande dimension, en cuivreparfaitement pur, et dont quelques-nnes avaient été ob-tenues directement, sans travail secondaire, avec laforme que l’industrie exige pour les chaudières, etc.
Cette communication a vivement intéressé le public,et nous pensons, en conséquence, rendre tm service entranscrivant ici le rapport approbateur qui a été faità l’Académie sur le procédé de MM. Dechaud et Gaul-tier de Claubry, par une commission composée deMM. Berthier, Dumas, et Becquerel, rapporteur.
« Avant tout, dit M. Becquerel, ce procédé exige latransformation du minerai en un composé soluble dansun liquide facile à se procurer dans le lieu de l’exploita-tion : c’est à cette condition-là seulement que les forcesélectriques peuvent agir pour séparer le métal de sescombinaisons. S’agit-il de minerais de cuivre, tels quele carbonate; l’oxyde, le sulfureou les sulfures multiples,qui sont les plus communs, on transforme en sulfateles deux premiers, avec l’acide sulfurique, et les deuxderniers en les grillant, opération qui s’exécute avecune grande perfection au Mexique , pour la préparationdu magistral, agent indispensable dans l’amalgamationau patio. Une fois la sulfatisatiou effectuée, on lessivele minerai, et la solution est soumise à la décomposi-tion électro-chimique dans des appareils simples. Sil’on veut obtenir le cuivre en lames, il faut disposerl'appareil pour que la solution soit constamment aumaximum de saturation. MM. Gaultier de Claubry etDechaud ont rempli cette condition, au moyen de dis-’positions très simples que nous allons décrire.
« Lorsque l’on superpose, dans un vase, deux disso-lutions, l’une saturée de sulfate de cuivre plus dense,l’autre de sulfate de fer moins dense, si dans la pre-mière on place une lame de cuivre, dans l’autre unelame de fonte communiquant avec la première aumoyen d’un conducteur métallique, on a un couplevoltaïque dont l’action est suffisante pour décomposer lesulfate de cuivre; l’oxygène et l’acide du sulfate seportent sur la fonte, d’où résulte du sulfate de fer,tandis que le cuivre se dépose sur la lame de cuivreformant le pôle négatif. Le cuivre déposé dans les pre-miers instants est à l’état de pureté chimique; maisle fer devenant de plus en plus abondant, le cuivre,en se précipitant, entraîne avec lui du fer; il devientpeu a peu cassant, puis pulvérulent, à mesure que ladissolution s’appauvrit davantage. Mai«, tandis quecette dissolution devient moins dense, celle du sulfatedu fer, au contraire, augmente en densité ; il en ré-sulte : -1° une dissolutibn de cuivre normale occupantla partie inférieure du vase ; 2° une dissolution dumême sel un peu moins dense surnageant la première ;3° une dissolution de sulfate de fer très dense; 4 G une